"Que les choses soient claires, je ne suis pas contre le Covid Safe Ticket, j'y suis même favorable !"

Eric Bott (DéFi), est complètement dans le "flou artistique" à une semaine de l'entrée en matière de cette nouvelle réglementation. L'échevin a sous sa tutelle le complexe sportif Poséidon, dans lequel de nombreuses équipes évoluent dans des compétitions contre des clubs du Brabant Wallon ou d'autres provinces. "On va avoir un nombre incalculable de gens qui vont venir de partout" déplore-t-il, sans savoir comment gérer ces flux de personnes qui ne seront peut-être pas titulaires de Covid Safe Ticket "parce que la majorité des Bruxellois auront le Covid Safe Ticket, mais l'inverse n'est pas vrai !"

Un centre comme Poséidon est ouvert parfois jusqu'une heure du matin, et même aux heures tardives, un contrôle sur le CST restera nécessaire. "On va devoir prendre un gardien. C'est déjà un budget ! Qui va le financer ? Et puis, est-ce qu'il sera habilité légalement pour demander la carte d'identité des personnes entrant pour vérifier qu'elle concorde avec le CST ? Et un étudiant ?" Il reste encore, selon Eric Bott, de trop nombreuses questions pour peu de réponses. "Le 1er octobre, c'est demain ! Il faut accélérer la procédure parce que ça met du temps à organiser sur le terrain !" L'échevin a d'ailleurs contacté son bourgmestre, Olivier Maingain (DéFi), mais celui-ci n'a pas encore reçu les textes légaux afin de mettre en place les dispositions.

Des jeunes pénalisés

Eric Bott s'inquiète aussi pour les jeunes sportifs de Woluwe-Saint-Lambert, qui ne sont pas encore tous vaccinés. Bien que le CST ne s'applique pas aux moins de seize ans, de nombreux membres des clubs de la commune au-delà de cet âge ne sont pas encore vaccinés. "Un jeune qui n'est pas encore vacciné et qui veut faire du sport, il pourra bien attendre novembre pour avoir ses deux doses et revenir. Sinon quoi, il devra se faire tester toutes les semaines ou aller courir seul dans la forêt de Soignes !"

Eric Bott aurait donc aimé plus de rigueur dans l'élaboration de cette nouvelle mesure. "En France, ils ont prise une décision claire, qu'on l'aime ou non."

Quoiqu'il en soit, si des informations plus claires n'arrivent pas d'ici le premier octobre, un Conseil d'Administration extraordinaire se réunira pour les principaux complexes de la commune, le centre Poséidon, le stade Fallon et le centre Sportif Mounier de l'ADEPS, afin de se positionner. "On demandera sûrement le CST quoi qu'il arrive, mais les clubs vont automatiquement perdre quelques joueurs, en espérant que ça ne provoque aucun forfait."

L'AISF inquiète également

L'AISF (association interfédérale du sport francophone) a de son côté fait le point sur la situation, pointant une situation qui pourrait à nouveau être problématique pour le sport amateur. Voici ce qu'elle indique.

"L’obligation de disposer d’un Covid Safe Ticket (CST) pour participer, encadrer ou assister à une activité sportive est en passe de se concrétiser. Pour faire le point sur ce sujet, il faut d’emblée signaler qu’aucune disposition légale sur laquelle nous appuyer n’a encore été prise", indique-t-elle. "Toutefois, des différents contacts que nous avons eus, il apparaît que :

Pour la Région de Bruxelles-Capitale :

  • L’entrée dans une infrastructure sportive couverte ne sera possible que moyennant présentation du CST ;
  • Le CST sera exigé en extérieur si l’on dépasse le nombre de 200 personnes ;
  • Le CST ne sera demandé qu’aux personnes de 16 ans et plus ;
  • Les groupes scolaires (groupe-classe) se rendant dans des infrastructures sportives ne seront pas soumis à l’obligation de présenter un CST ;
  • Sur base volontaire, un organisateur peut rendre le CST obligatoire même si la jauge n’est pas atteinte ;

Ces dispositions auraient une durée minimum de trois mois et entreraient en vigueur au 1er octobre, mais une période d’adaptation d’une quinzaine de jours serait prévue.

Pour la Wallonie :

  • Le Gouvernement wallon a pris la décision ce jeudi 23 de rendre prochainement obligatoire le Covid Safe Ticket dans plusieurs secteurs (ceux prévus par l’accord de coopération entre les entités fédérées et le fédéral) dont le sport devrait faire partie, mais aucune précision n’est disponible actuellement.

"L’AISF et l’AES ont pu faire part aux autorités bruxelloises de plusieurs problématiques pratiques de mise en œuvre du CST dans le secteur sportif. Citons par exemple le manque d’harmonisation entre régions, les difficultés et responsabilité du contrôle, les moyens financiers et humains à mettre en place, etc... Nous demanderons également à être entendus par les autorités wallonnes."