Manque cruel de travailleurs sociaux, surcharge de travail, retards dans le paiement des aides, pas de défraiement des frais liés au télétravail : le CPAS de Schaerbeek fait face à de nombreux dysfonctionnements, qui ont conduit à une grève des travailleurs le 30 mars dernier. Lors du conseil communal du 31 mars, plusieurs conseillers ont interpellé la majorité quant à cette situation. L’absence de la présidente du CPAS et la volonté de la majorité d’interrompre la discussion au profit d’une réunion à huis-clos avec le conseil de l’action sociale ont toutefois échauffé les esprits, menant une brève interruption du conseil.

Les autorités locales ont finalement organisé un conseil communal extraordinaire ce mercredi soir pour répondre aux questions des conseillers. La séance a été suivie par plus d’une septantaine de personnes sur YouTube, un public bien plus large qu’à l’accoutumée. La présidente du CPAS Sophie Querton (Liste du bourgmestre) a tenté d’apaiser les esprits, indiquant d’emblée que "les difficultés ne datent pas d’hier et ne seront pas résolues demain". "On manque de ressources humaines, ça a des conséquences sur le bien-être des travailleurs mais nous avons pu assurer l’engagement de onze travailleurs sociaux supplémentaires", a-t-elle indiqué avant de préciser : "Ce n’est pas assez car ce sont des emplois précaires, à durée déterminée. Nous nous demandons donc comment nous allons faire après la crise. Le CPAS fera connaître prochainement ses besoins en termes de personnel à la commune dans le cadre de son plan triennal."

Elle a ensuite laissé la parole à la secrétaire générale et au directeur financier du CPAS. Ceux-ci ont évoqué les réorganisations en cours, les discussions menées avec les syndicats et l’outil de monitoring des actions du CPAS. Des présentations saluées par les conseillers de l’opposition qui ont jugé insatisfaisantes les explications de Sophie Querton. "La majorité, avec beaucoup de condescendance, ne prend pas la mesure de ce qui se passe au CPAS depuis deux ans", a réagi Cédric Mahieu (CDH). "Je suis étonné qu’un responsable politique fasse monter au front des responsables administratifs pour expliquer la situation, a poursuivi Matthieu Degrez (PS). Je ne note aucune remise en cause ni engagement de la présidente de CPAS."

Laila Lahssaini (PTB) a, elle, déploré l’absence de représentants des travailleurs. "Ils auraient dû être là en tant qu’experts pour faire part de leur expérience et de leurs attentes. Je n’ai vu aucune compassion dans votre discours sur le sort des bénéficiaires et des travailleurs." "Vous êtes désormais sous haute surveillance", a ajouté Georges Verzin (Libéral indépendant) à l’adresse de la présidente du CPAS. Soutenue par la majorité, celle-ci est largement critiquée par l’opposition, qui demande un vote de confiance au sein du conseil de l’action sociale.