Bruxelles Tarek Ladhari conteste formellement avoir tué le "roi de l’Îlot sacré" en septembre 2008.

L’accusé a voulu couper court aux rumeurs selon lesquelles la situation entre Adrien-Denis Debouvrie et lui n’était pas au beau fixe, contestant ainsi qu’il aurait pu avoir un mobile pour le tuer.

Mardi, devant la cour d’assises de Bruxelles, Tarek Ladhari n’a pourtant pas caché que, pendant quelques années, les relations ont été difficiles. "En 1998, j’ai repris un café dans l’Îlot sacré. J’ai alors fait la connaissance d’Alaya C. En 2002, sur recommandation d’Alaya C., j’ai loué le restaurant Le Vieux Colombier à monsieur Debouvrie. C’était 12 000 euros par mois. J’ai perdu beaucoup d’argent", a expliqué l’accusé. "Alaya C. et monsieur Debouvrie m’ont alors proposé de reprendre la gérance de trois restaurants qui marchaient mieux. Je me suis retrouvé avec 27 000 euros à payer par mois. Mais je n’y arrivais pas", s’est-il exclamé. "Je me suis rendu compte par après que c’était une arnaque. On m’a embobiné."

Selon l’enquête , Adrien-Denis Debouvrie avait entamé une action en justice pour réclamer les arriérés de loyers à Tarek Ladhari. Mais d’après ce dernier, ils avaient fini par trouver un arrangement. "J’ai gardé juste le restaurant La Petite Fontaine dont le loyer était de 8 000 euros par mois. Et je payais 1 000 euros de plus pour les loyers précédents. En 2008 donc, je payais ce loyer. J’étais un des seuls locataires à payer", a insisté l’accusé.

"Debouvrie et moi, nous n’étions pas en guerre. C’était une personne âgée qui changeait tout le temps d’avis. Je n’ai jamais eu d’animosité envers lui mais il avait une personnalité particulière. Parfois on avait l’impression qu’il était prêt à tout donner pour quelqu’un et parfois on avait l’impression qu’il marcherait sur tout le monde pour l’argent", a encore raconté l’accusé.

Un autre ancien restaurateur de l’Îlot sacré a également relaté les comportements parfois étranges de la victime. "Monsieur Debouvrie mentait tout le temps et il ne faisait confiance à personne. Cette situation a posé beaucoup de problèmes. Il a eu des conflits avec 97 % de ses locataires", a-t-il dit mardi devant la cour.

Un troisième ancien restaurateur et locataire de Debouvrie a précisé : "Quoi qu’on dise sur monsieur Debouvrie, il y avait toujours une solution avec lui", description qui coïncide avec la version donnée par l’accusé.