Lassé des reports incessants concernant la réouverture de l’Horeca, Léopold Vandergracht, gérant du café des Minimes dans les Marolles, a lancé l’événement Facebook "On ouvre le premier mai", pour lequel près de 10 000 personnes ont marqué leur intérêt. Au moins 100 établissements participent à cette action, et de nombreux autres devraient suivre le mouvement.

"Fermés depuis le 19 octobre, pour une durée de quatre semaines renouvelables indéfiniment, nous attendons avec impatience la date du 1er mai, fête du travail pour se remettre au boulot. C’est ce qui a été annoncé lors du comité de concertation du vendredi 5 mars, et la situation devient intenable. Nous apprenons qu'un nouveau report pourrait être annoncé mais quoi qu'il advienne, nous allons rouvrir le 1er mai", explique-t-il.

Selon lui, rouvrir l’Horeca permettra notamment de limiter l’afflux de personnes dans les parcs. "Nous assistons chaque weekend à des rassemblements de plus en plus important, au gré du soleil et du beau temps. Ces rassemblements de plus en plus gros, en plein air ou chez des particuliers empêchent le suivi des contaminations car sont soit cachés soit incontrôlables. Nous avons le pouvoir de rassembler toutes ces personnes avides de vie et de bon temps en les accueillant dans nos établissements tout en ayant connaissance de qui est présent et dès lors juguler un cluster lorsque celui-ci est localisé."

"Nous ne demandons pas le retour des soirées interminables qui reviendront lorsque les clubs et boites de nuit pourront à nouveau se joindre à la fête mais en attendant nous avons la responsabilité de nous remettre au travail. Simplement car notre secteur représente près de 200 000 personnes en Belgique sans compter toutes les personnes qui en dépendent (maraîchers, fournisseurs, brasseurs, vignerons, …). Soyons solidaires pour limiter la casse au niveau des finances publiques, du moral de la population et de notre appétit de travail", précise-t-il.

Le Café des Minimes rouvrira donc sa terrasse le 1er mai, mais la salle intérieur sera interdite d’accès. "Nous avons une grande terrasse qui peut accueillir 60 personnes et on va respecter les règles applicables pour les bulles en extérieur avec des tables de quatre, un mètre cinquante de distance et voilà. On ne ne se cachera pas."

Faut-il rouvrir coûte que coûte les terrasses le 1er mai ?

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"Nous demandons aux bourgmestres de faire preuve d'indulgence"

Caroline Case, gérante de Chez Musette à Uccle, compte bien rouvrir sa terrasse le 1er mai également. "La situation est catastrophique. Ici, à Bruxelles, c'est impossible que cela aille bien pour les établissements horeca hormis pour les restaurateurs qui ont des fonds personnels importants. Mais avec ce qu'on a reçu comme aides ridicules, c'est impossible de tenir."

Elle compte donc ouvrir sa terrasse non pas dans un but commercial mais plus à visée politique. "Je veux poser un acte fort, tout en respectant les mesures sanitaires. Ce ne sera donc pas une réouverture complète. Je suis en lien avec la commune d'Uccle pour voir ce qui peut être toléré ou pas, et je vais présenter cette réouverture comme quelque chose de symbolique, pour manifester notre mécontentement. J'espère que la commune fera preuve d'indulgence", conclut Caroline Case.

Pour rappel, le gouverneur de la Province de Liège a fait savoir qu'il ne s'opposera pas à la réouverture des terrasses au 1er mai, quelle que soit la décision du Comité de concertation de mercredi.

Cette décision est soutenue par Emir Kir, bourgmestre de Saint-Josse, et Vincent De Wolf (MR), bourgmestre d’Etterbeek, selon nos confrères de Bruzz. Selon eux, les communes doivent pouvoir décider de leur propre gré si les terrasses peuvent rouvrir et dans quelles conditions.

© D.R.