La zone Marlow est particulièrement touchée par le phénomène.

Le 11 décembre dernier, la presse a fait écho d’une vaste opération de police dans le sud de la Région bruxelloise. Celle-ci visait le démantèlement d’un réseau actif dans la culture de cannabis dans des maisons ou appartements privés.

Ce phénomène semble prendre de plus en plus d’ampleur à Bruxelles. Le modus operandi est simple : des trafiquants repèrent un bien à louer, le plus souvent une maison unifamiliale pour éviter d’être dérangé par des voisins de palier un peu trop curieux. Ils proposent alors à leur propriétaire de payer directement les trois mois de garantie locative en espèces, sans passer par une banque. Une fois locataires de la maison, ils détruisent les murs, modifient les installations électriques et cloisonnent les fenêtres. Le but ? Créer le meilleur environnement possible pour leur plantation de cannabis, soit un milieu chaud, humide et avec beaucoup de lumière. Alors qu’ils ne se doutaient de rien, les propriétaires se retrouvent, une fois le trafic démantelé, devant leur bien complètement détruit et insalubre qu’ils doivent entièrement rénover à leurs frais. Avec, en plus, une taxe d’insalubrité imposée par la commune.

Le plus gros cas : 945 plants dans une même maison

En Région bruxelloise, 57 perquisitions concernant ce phénomène ont eu lieu en 2019. Lors de celles-ci, 22 100 plants ont été découverts et détruits. La zone Marlow (Auderghem, Boitsfort et Uccle) est quant à elle particulièrement touchée. Au total, 16 plantations de minimum 450 plants ont été démantelées en 2019, soit un total de 8 800 plants. Le plus gros cas concerne 945 plants dans une même maison. "Il y a dans cette zone beaucoup de maisons unifamiliales et des propriétaires plus âgés qui ne peuvent pas toujours tout vérifier", explique le bourgmestre Didier Gosuin (Défi).

Pour répondre à cette problématique, Matthieu Pillois (LB) posera une question orale au prochain conseil communal. Le conseiller communal désire lancer une campagne de sensibilisation pour avertir les nombreux propriétaires. "Il y a un certain nombre de signaux", explique-t-il. "Parmi ceux-ci, les loyers payés par une personne qui n’occupe pas souvent le bien, les fenêtres occultées et de gros travaux réalisés par les occupants. Ils font également tout pour éviter une visite des propriétaires. Il y a aussi les nombres importants d’allers-retours, les odeurs, etc."

Par ailleurs, Matthieu Pillois demandera aussi à la commune dans quelle mesure un partenariat avec Sibelga pourrait être envisageable afin d’être averti par la police en cas de consommations d’énergie anormalement élevées.