"The Wolf of Mared'Street". La soirée organisée par les rhétos du Collège Saint-Benoît, établissement huppé de Maredsous (le collège n'étant en rien impliqué dans l'organisation de l'événement), a un peu trop respecté au pied de la lettre l'histoire de Jordan Belfort. "Il y avait des ambulances partout" raconte un participant de la soirée à nos confrères de La Libre Belgique. Un événement qui a même dû fermer ses portes plus tôt que prévu suite aux dérives alcoolisées de nombreux fêtards. 

C'est à Schaerbeek, sur le boulevard Reyers, que la soirée avait lieu vendredi dernier. Certains participants n'ont pas attendu 23 heures et l'ouverture des portes du Nine City Event Hall pour déboucher les premières bouteilles d'alcool : "Beaucoup sont arrivés éméchés car ils avaient bu avant" décrit un jeune homme présent lors de la soirée.


Défilé d'ambulances, commissaire de police et boulevard bloqué

Un phénomène de before (ou pré-soirée) de plus en plus répandu chez les jeunes, et qui augmente encore la consommation d'alcool lors de ce type d'événement, avec les conséquences attendues : certaines sources évoquaient entre sept et neuf comas éthyliques, ce que l'organisation dément formellement : "Je peux vous confirmer qu'il n'y a eu aucun coma." Et de préciser : "Huit ambulances sont intervenues pour emmener dix personnes à l'hôpital. Parmi celles-ci, une était à la limite du coma éthylique. Mais nous avons pris le soin de contacter toutes ces personnes, et nous pouvons aujourd'hui affirmer que tout le monde va bien."

Le SMUR est également intervenu à deux reprises dans ce défilé d'ambulances, les urgentistes signalant finalement aux organisateurs que la soirée virait dans l'excès. Un constat partagé par l'organisation, qui décide même de fermer le bar pour arrêter l'hémorragie, avant de finalement mettre un terme prématuré à la soirée - conclue à trois heures du matin au lieu de quatre - suite à l'intervention d'un commissaire de police et de menaces de comparution devant un tribunal. 

Plus tôt, les jeunes organisateurs de la soirée avaient par ailleurs pris les devants en appelant la police de leur propre initiative, se rendant compte que la situation leur échappait.

Les forces de l'ordre ont alors bloqué le boulevard Reyers et une partie de la place Meiser, précaution utile pour éviter un accident entre les voitures et les fêtards qui quittaient la soirée à pied.

Contrôles négligents ou usurpation d'identité?

Y avait-il des personnes de moins de seize ans au sein de cette Wolf of Mared'Street ? Un témoin de quinze ans nous affirme avoir participé à la soirée, un autre raconte que les cartes d'identité n'étaient pas contrôlées à l'entrée. Les organisateurs, qui avaient mentionné sur les affiches et sur l'événement Facebook de la soirée que l'événement serait interdit aux moins de seize ans, contrôle à l'appui, réfutent ces accusations : "Alors ça, c'est totalement faux" explique un organisateur. "J'étais personnellement à l'entrée et j'ai contrôlé toutes les cartes d'identité, même celle d'une personne de 32 ans."

Et de renvoyer la balle dans le camp des participants "illicites" : "Une usurpation d'identité peut facilement être faite. Moi, je ne connais pas tous les participants, et certaines photos datent sur les cartes d'identité, donc on peut aussi être trompé. On s'était dit que personne de moins de seize ans ne rentrerait et on a vérifié, mais il y a aussi un lien de confiance…"

"Une fin de soirée complètement inattendue"

Avec le recul, les organisateurs regrettent sur Facebook un "carnage" et une "fin de soirée complètement inattendue" et l'intervention des services de secours à cause de "personnes qui ne connaissent pas leurs limites". Des débordements qui font passer au second plan un travail de plusieurs mois pour organiser la soirée dans les moindres détails et accueillir un peu plus de 800 personnes dans les meilleures conditions.

"Nous espérons que vous garderez une image digne de la soirée que vous avez pu avoir jusqu'à 2h59", concluent les organisateurs.