Bruxelles Près de 50 sans-papiers du squat boulevard Léopold II ne s’alimentent plus.

Ils l’ont toujours dit depuis qu’ils ont investi, en juillet dernier, l’ancienne maison de repos située boulevard Léopold II : ils veulent être régularisés et obtenir des papiers. Les occupants du squat La Voix des Sans-Papiers avaient déjà ainsi expliqué, à l’époque, dans nos pages, en avoir marre de devoir vivre dans l’illégalité après, pour certains, de nombreuses années passées sur le sol belge. "Il faut toujours travailler en noir et se faire exploiter. Toujours déménager et vivre dans l’incertitude", indiquaient-ils.

Les sans-papiers du squat ont décidé, le 17 novembre dernier, de durcir leur action puisqu’ils ont entamé une grève de la faim. Parmi les quelque 200 occupants de l’immeuble, dont une dizaine d’enfants, ils seraient près de 50, seulement des adultes, à ne plus se nourrir. Objectif : alerter l’opinion publique et, ce faisant, tenter de faire pression sur l’Office des Etrangers.

"On ira jusqu’au bout", insiste Mohammed, 32 ans, qui affirme avoir déjà perdu une dizaine de kilos. "De toute façon, si on arrête, on sait qu’il y aura des conséquences judiciaires car c’est interdit par la loi. Mais toutes les lois sont contre nous", poursuit-il.

Parmi les huit femmes ayant entamé la grève de la faim, se trouve Najat, 34 ans, mère de Lyna et Sajid, âgés de 10 et 7 ans. "Je suis en Belgique depuis 2005", insiste-elle. "On meurt déjà de toute façon avec ces conditions de vie…", lâche-t-elle.

"On est au courant mais il s’agit d’un lieu privé. Ce n’est pas à la commune d’intervenir", explique la bourgmestre de Molenbeek Françoise Schepmans (MR).

L’Office des Étrangers n’était pas encore au courant ce dimanche. "À ma connaissance, ni nous, ni le ministère avons reçu une revendication officielle", réagit Dominique Hernould, la porte-parole de l’Office. Si elle ne veut pas minimiser la situation, Dominique Hernould insiste : les grèves de la faim, considérées comme du chantage, n’aboutissent généralement pas à une régularisation.