Selon les 12 plaignants, la direction de l’aéroport cherche à masquer la réalité et est coupable de déclarations mensongères.

"L’été dernier, installé dans mon jardin, j’ai compté 6 vols au-dessus de notre maison en 9 minutes ! Dès qu’un avion quitte notre ciel, le suivant se pointe déjà et nous subissons, en période estivale, de 175 à 190 vols par jour !"

Pierre Ledoux, membre d’un comité de quartier de Woluwe-Saint-Lambert, est à bout de nerfs. Ce riverain était, avec une vingtaine d’autres Bruxellois, présent ce vendredi à la présentation de la plainte pénale déposée jeudi contre X, mais qui vise très clairement les propos tenus par le directeur général de Brussels Airport Arnaud Feist et le président du conseil d’administration Marc Descheemaecker. Tous deux auraient, selon les plaignants, diffusé des informations incorrectes.

Cette nouvelle plainte a été déposée par Me Philippe Vanlangendonck. Il s’agit d’une plainte datant du 20 décembre dernier, concernant un avis publicitaire de l’aéroport diffusé dans plusieurs quotidiens. Les 12 plaignants accusent les deux hommes de "publicité mensongère, faux et usage de faux et manipulation au détriment de la santé publique."

Les plaignants, soutenus par le think-thank bruxellois Coeur-Europe, ont, ce vendredi, démonté 21 déclarations qu’ils estiment mensongères. Les deux hommes auraient ainsi diffusé des informations erronées sur le nombre de personnes affectées par les nuisances sonores liées à l’aéroport ainsi que sur le nombre d’emploi liés au fret qui pourraient être perdus si l’aéroport respectait les normes régionales en termes de nuisances.

"Messieurs Feist et Descheemaecker passent sous silence le fait qu’une adaptation des routes aériennes au départ de Zaventem permettra aux avions d’éviter les amendes liées aux normes de bruit bruxelloises, comme défini dans le plan durable des associations bruxelloises", a commenté Me Vanlangendonck. "Ils cherchent faussement à faire croire que le maintien de nos normes environnementales est synonyme de pertes d’emploi, alors que ce n’est pas le cas en utilisant des routes aériennes plus adaptées. Force est de constater que la propagation de ces fausses nouvelles vise à maintenir un statu quo qui nuit à la santé des plaignants et à la santé des Bruxellois. Ces fausses nouvelles sont de nature à troubler l’ordre public. Leur diffusion est, par conséquent, passible du pénal", conclut l’avocat des plaignants.

"Nous n’avons encore reçu aucune plainte et nous ne pouvons dès lors pas faire de commentaire", a de son côté commenté la porte-parole de l’aéroport Florence Muls.