Organisée par la Marche mondiale des femmes Belgique, une plateforme réunissant une cinquantaine d'organisations, la manifestation entendait visibiliser le combat féministe en ce 8 mars. "La révolution sera féministe", clamaient d'ailleurs des pancartes ainsi qu'une inscription taguée sur les murs de la ville.

Rythmée par les chants féministes, telles que "So-so-so Solidarité, avec les femmes du monde entier!" ou "Nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes, et radicales, en colère", la manifestation s'est élancée vers 17h50, sous un soleil rasant.

À vélo ou à pied, avec des poussettes ou munies d'appareils photos pour immortaliser l'action, les manifestantes et manifestants ont déferlé pendant une heure autour de la gare de Bruxelles-Central pour scander leurs revendications, plutôt hétéroclites au vu des pancartes brandies - "Sujets et pas objets", "Oui, oui au slip chauffant", ce moyen de contraception masculine, "Délivrez-nous du mâle", "Ne nous libérez pas, on s'en charge" ou encore "Le cis-tème capitaliste tue, féministes révolutionnaires dans la rue".

L'atmosphère était joyeuse mais aussi revendicative, la colère se faisant ressentir dans les chants et slogans scandés, tels qu'"à nous la rue" ou "à bas le patriarcat", système qui organise la société en privilégiant les hommes, surtout s'ils sont blancs, cisgenres, hétérosexuels et disposant d'une aisance financière.

"On est là pour revendiquer les droits de toutes les femmes et de toutes les minorités de genre", avancent Jeanne et Hélène, deux manifestantes. Un combat quotidien mais le 8 mars permet de le rendre "visible. C'est important de se retrouver autour d'un même combat".

La guerre en Ukraine était également au cœur des revendications, une manifestante dénonçant "quelque chose de très masculin dans le fait de s'approprier des territoires et des corps comme ça".

"Il y a encore plein de choses à faire au niveau de l'espace accordé aux femmes dans la ville, les institutions, les médias", expliquent Noémie et Gaëlle, toutes de mauve vêtues, la couleur du féminisme.

"C'est ma première manifestation féministe, il m'a fallu du courage pour admettre que j'étais discriminée", confie Alice, une autre manifestante. "Je suis contente d'être là, pour moi il s'agit d'admettre la réalité (des discriminations subies, NDLR) et de faire quelque chose. Parce que c'est une chose de le dire, c'en est une autre de bouger de son canapé et de sortir", poursuit-elle. "Une ou deux personnes de plus dans une manifestation, ça ne change pas grand-chose mais c'est important pour moi, ça fait du bien de voir qu'on n'est pas la seule à penser" comme ça, abonde Camille, qui l'accompagne en brandissant une pancarte "Encourageons les masculinités alternatives".

"Journée de la flemme, je ne sais même plus quoi vous dire", était-il écrit sur une autre pancarte brandie par une manifestante. Une lassitude exprimée également tout au long de la journée sur les réseaux sociaux notamment, plusieurs militantes féministes affichant leur fatigue de devoir justifier leur combat pour les droits des femmes, de voir la Journée internationale des droits des femmes utilisée pour des campagnes promotionnelles ou encore dévoyée en "Journée de la femme".

C'est dans la pénombre, vers 19h00, que la tête du cortège revenait à la gare centrale, sous les fumigènes mauve et rouge. Des animations devaient encore se dérouler jusque 19h30 à Bruxelles-Central.