Après s’être accordé une grasse matinée, Omar file sous la douche et enfile ses vêtements de sport. Il s’apprête à aller courir avec l’un de ses colocataires. Rien de bien surprenant pour nombre d’entre nous mais pour Omar, ce train-train est une aubaine. Originaire du Sénégal, il s’est réfugié en Belgique voilà plusieurs années. Après plusieurs séjours dans des centres d’accueil à Bruxelles et Charleroi, il s’installe dans la capitale avec l’aide de l’ASBL Singa.

"On mène des projets pour tisser du lien entre Bruxellois(es) et nouveaux arrivants. A force d’être en contact avec des personnes réfugiées, on s’est rendu compte que le logement était l’une des plus grandes problématiques rencontrées : sur quelle plateforme aller, quels sont les codes pour discuter avec un bailleur, ce n’est pas toujours évident quand on n’est pas né ici. Et puis, il y a pas mal de discrimination lors de la recherche d’un logement", indique Chloé de Singa.

L’association lance alors Comme à la maison, qui met en lien des personnes réfugiées qui n’ont pas de solution de logement avec des colocations bruxelloises à la recherche d’un(e) colocataire. "C’est très accommodant. On a contacté Singa parce qu’on voulait une colocation axée sur la solidarité et la multiculturalité. On a eu plusieurs appels pour discuter de potentielles personnes à héberger, explique Tinne. On a eu trois propositions avant de rencontrer Omar et on est très content de s’être lancé dans cette aventure !"

© BAUWERAERTS DIDIER

Grâce à ce réseau, la personne réfugiée devient une colocataire tout ce qu’il y a de plus normal : elle paie un loyer, participe aux tâches ménagères et à la vie en communauté. "Cette semaine-ci, c’est moi qui gère le nettoyage. Je suis dans la restauration donc j’ai des horaires décalés mais quand on peut, on cuisine et on mange ensemble. Le week-end prochain, on part dans les Ardennes. Et quand je rentre tard, ils se soucient de moi, c’est un peu comme une deuxième famille", raconte Omar.

Outre la mise en place de la colocation, Singa assure un accompagnement à chacun. "On reste à leur disposition s’il y a des questions ou des malentendus et l’un de nos bénévoles aide la personne réfugiée dans toutes ses démarches administratives pour que la colocation n’aie pas de travail additionnel, précise Chloé. C'est un réel tremplin pour les personnes réfugiées car elles sont dans un cadre sécurisant et l'immersion culturelle et linguistique est très intéressante."

Lancé en avril 2019, le projet a déjà vu fleurir 27 colocations dans tout Bruxelles. Pour répondre à la demande, Singa est à la recherche de nouvelles colocations avec une chambre libre et curieuses de tenter l’aventure. "J'ai beaucoup d'amis réfugiés qui n'ont pas encore trouvé de logement. En trouver un à Bruxelles est un casse-tête quand on est Belge, alors imaginez quand on est réfugié ! Pour nous, ce projet, c'est une belle opportunité donc si vous avez une chambre disponible, n'hésitez pas, conclut Omar. Nos cultures sont différentes mais ça permet à tout le monde de découvrir de nouvelles choses."