Bruxelles Trois mats de 10 mètres de haut et un centre de recherche seraient installés dans l’endroit le plus venteux de la capitale.

Des éoliennes en pleine ville ! L’idée peut sembler farfelue, mais elle est pourtant loin d’être utopique. Pour Amaay!, une entreprise spécialisée dans l’éolien urbain, il s’agit même d’une solution d’avenir pour la production d’énergie.

Et pour faire valoir son expertise en la matière, l’entreprise a jeté son dévolu sur un endroit qui pour beaucoup est le plus venteux de la capitale : la porte de Namur. "C’est dû à la configuration des lieux, la tour du Bastion, qui fait 100 m de haut, est perpendiculaire au vent dominent. Celui-ci glisse sur la tour et redescend vers le sol", explique Bob Starc, d’Amaay!

D’où son idée d’installer, square du Bastion, trois éoliennes à axe vertical d’une hauteur de 10 m. Celles-ci alimenteront l’éclairage de la place avec des lampes Led.

Par ailleurs, une turbine sera placée dans le tunnel en dessous de la tour Bastion. Cette dernière sera un véritable laboratoire pour voir comment le vent peut être exploité en milieu urbain.

"Ce centre de recherche nous permettra d’extrapoler l’énergie qui pourrait être produite ailleurs. À notre sens, c’est une première mondiale. Les données recueillies nous fourniront l’expertise nécessaire pour intégrer des turbines à des gratte-ciel. Il permettra également de valider nos estimations en ce qui concerne le bruit émis par une turbine en milieu urbain, les vibrations produites, etc."

Mais ce projet, baptisé Pumba, ne répond pas qu’au seul objectif de la recherche. Il a également pour vocation, selon ses concepteurs, d’informer sur les défis environnementaux et énergétiques des villes de demain.

"Il y a aussi un aspect esthétique. Nous réfléchissons aux éoliennes comme à du mobilier urbain intégré. C’est un aspect totalement vierge car il n’y a rien dans les villes qui utilise la force éolienne", ajoute Bob Starc.

La Région soutien le projet et a financé une partie des études de faisabilité. La commune d’Ixelles est également enthousiaste. Une demande de permis a été déposée en juin. Si tout va bien, le permis pourrait être accordé à la rentrée et le chantier démarrerait en 2016.

Le budget pour l’installation des trois éoliennes et du centre de recherche n’est pas encore finalisé. En réalité, il devrait tourner autour du demi-million d’euros.