Bruxelles A quelques jours des élections fédérales, régionales et européennes qui se tiendront ce dimanche, Ahmed El Khannouss, un élu CDH de Molenbeek, a dévoilé un document qui pourrait bien faire l'effet d'une bombe.

Preuves à l'appui, il affirme que plusieurs irrégularités ont eu lieu lors des élections communales à Molenbeek. S'il en parle aujourd'hui, c'est parce qu'il dit "craindre de nouvelles irrégularités lors du scrutin à venir", écrivent nos confrères de la RTBF à la base de l'information.

Pour bien comprendre l'histoire, il faut revenir en octobre 2018. Plus exactement, quelques jours après la publication des résultats des communales. C'est à ce moment que plusieurs élus molenbeekois décident de consulter les procurations et les PV des présidents de bureaux listant les éventuels incidents ayant eu lieu dans les bureaux de vote. Après avoir épluché les documents de 25 bureaux, ils en sont sûrs : ils ont assez d'informations pour faire annuler le résultat des élections. Ils mandatent donc un cabinet d'avocats afin qu'ils rédigent une réclamation officielle. Selon ce dernier, "la majorité des irrégularités, prises isolément, suffisent à elles seules à emporter l'annulation des élections. Considérées dans leur ensemble, ces irrégularités deviennent davantage encore préoccupantes". Les élus ont donc toutes les cartes en mains pour tenter d'annuler les résultats du scrutin. Mais, au dernier moment, la plupart d'entre eux se ravisent "peut-être soucieux de ménager leurs relations avec le PS, bénéficiaire présumé de plusieurs irrégularités", explique la RTBF. "Après concertation avec les gens de sa formation politique au niveau local", Ahmed El Khannouss renonce, lui aussi, à faire suivre la plainte. Mais il n'a jamais totalement oublié ce document qu'il a choisi de ressortir à quelques jours de la date fatidique du 26 mai.

De quelles anomalies parle-t-on?

Toujours selon la RTBF, la première concerne un médecin, le Dr Patrick Bacart, candidat à la 12ème place sur la liste PS-SP.A. Ce dernier a signé 32 certificats médicaux aux résidents d'un home pour attester de leur incapacité à se déplacer pour aller voter. Problème? Il est interdit aux médecins candidats aux élections de fournir ce genre de certificats. "J'ignorais que c'était interdit. Je n'ai détourné aucune signature et je n'ai pas utilisé les procurations", se défend le principal intéressé. Quoi qu'il en soit, les dites-procurations se sont retrouvées au siège du PS molenbeekois. "Ces gens voulaient me soutenir, j'ai donc déposé l'ensemble des procurations au siège du PS molenbeekois. Mais je ne sais pas si ceux qui les ont utilisées ont bien voté pour moi!"

La deuxième concerne les procurations. Selon le cabinet d'avocats, 134 personnes ont pu voter par procuration alors qu'elles ne disposaient pas du certificat prévu. Des procurations manuscrites ont même été acceptées. En tout, on parle de 170 procurations dont la validité aurait dû être vérifiée.

Enfin, des votes suspects ont été signalés. Des personnes ont pu voter sans lettre de convocation et sans être inscrites sur la liste électorale. D'autres électeurs ont pu voter deux fois. A chaque fois, leur nom a été rajouté à la main sur le registre des électeurs.

 

Ecolo veut la transparence sur cette affaire

"Cette affaire ressemble furieusement à celle qui s'est déroulée dans la commune de Neufchateau, où le député Dimitri Fourny est accusé d'avoir organisé un système de fausses procurations", a réagi Ecolo dans un communiqué de presse.

"On parle ici d'une fraude d'ampleur significative, qui impliquerait des mandataires par le biais de faux certificats médicaux et de procurations. Ce sont des accusations d'autant plus graves que nous sommes à quelques jours de nouvelles élections. Nous demandons dès lors que le rapport mentionné dans la presse soit rendu public et transmis au Parquet. Nous demandons également au Ministère de l'Intérieur de renforcer les procédures de contrôle dans la commune en vue du prochain scrutin", a fait savoir le député et Coprésident régional ECOLO Alain Maron.