Selon Charles Picqué (PS), ce n’est pas le rôle des policiers locaux de lutter contre des terroristes.

"La zone de police Midi demande, depuis des années, des moyens supplémentaires et cela n’a pas changé. Mais ici, il ne s’agit pas de cela ! Ce ne sont pas des policiers qui doivent surveiller les nombreux établissements juifs se trouvant sur le territoire de la zone, mais des militaires !", insiste le bourgmestre saint-gillois, Charles Picqué (PS), actuellement à la tête de la zone de police Midi. "Les policiers ne sont pas formés pour lutter contre des personnes armées de Kalachnikov et revenant de Syrie. Ce n’est pas une demande nouvelle mais si le fédéral ne le fait pas maintenant, je ne sais pas quand il le fera !", insiste-t-il.

À Schaerbeek, la présence de pas moins de neuf mosquées, neuf églises et une synagogue entraîne aussi une surcharge de travail importante. Mais ce n’est pas neuf ! "C’était déjà le cas après la tuerie au Musée Juif. Cela fait partie des missions de police générale. Mais si cela devait durer dans le temps, cela représenterait, en effet, une charge supplémentaire", indique le bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (FDF), qui ne réclame pas la présence de l’armée devant les lieux de culte.

Ce dernier rappelle que le phénomène de radicalisation est déjà une charge pour la zone de police Nord depuis longtemps. Et de citer, à titre d’exemple, la surveillance de la quizaine de Schaerbeekois de retour de Syrie.

La concentration de lieux symboliques est le propre des grandes villes dont les zones de police sont déjà sous-financées. "Nous attendons depuis 10 ans la révision de la norme KUL qui défavorise les grands centres urbains, mais le gouvernement Michel - comme les précédents - n’a rien prévu. Qui plus est, il impose des économies à la police fédérale, qui pourra moins appuyer les polices locales. Sans compter qu’il a raboté de 20 % le budget de l’Ocam, qui analyse la menace." Selon le FDF, cette réduction des moyens est dangereuse. "Et faute de moyens, la surveillance de la menace radicaliste se fait au détriment d’autres affaires..."