Les ONG Médecins Sans Frontières et Médecins du Monde ainsi que la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés alertent mardi sur le manque de plusieurs centaines de places d'hébergement à Bruxelles et témoignent des conséquences de cette situation sur le terrain via des capsules vidéos en ligne. Ces organismes demandent aux autorités une augmentation de la capacité d'accueil en suffisance pour que les personnes vivant en rue puissent passer l'hiver à l'abri du froid et respecter les règles de confinement liées à la pandémie de Covid-19. Ils soulignent dans leur communiqué que "les équipes sont confrontées à la violence de l'annonce du manque de place, entraînant une frustration croissante ressentie tant par les personnes en attente d'hébergement que par les équipes sur le terrain. L'accès à l'hébergement est devenu un choix schizophrénique des travailleurs de première ligne, sur base d'un calcul de vulnérabilités cumulées, et ce dans des conditions météorologiques plus compliquées chaque jour".

Dans sa vidéo, la Plateforme citoyenne explique, via l'intermédiaire d'un de ses travailleurs de terrain, avoir une capacité d'hébergement de 450 personnes avec la porte d'Ulysse à Haren (350 places), les conventions établies avec des hôteliers bruxellois depuis le premier confinement et la Sister's House réservée aux femmes à Etterbeek (45 places), mais que sa liste d'attente compte encore quelque 300 personnes dont l'état de santé, mentale et physique, se dégrade à vue d'oeil.

Médecins sans Frontières a réalisé 1.180 consultations en santé mentale au Hub humanitaire en 2020. Thomas Pelseneer, infirmier psychiatre sur le terrain pour MSF, a choisi de mettre en avant la situation des femmes en rue, en parlant du double viol il y a en environ deux mois d'une femme d'origine éthiopienne arrivée il y a un an à Bruxelles : "On a dû l'hospitaliser de force car elle a tenté de mettre fin à ses jours. Au bout de 40 jours d'hospitalisation, elle s'est retrouvée à nouveau en rue faute de logement. Ces 5 jours en rue ont été extrêmement compliqués".

Médecins du Monde a déployé ses forces de première ligne au Hub humanitaire, dans plusieurs centres d'hébergements d'urgence et en rue via un Médibus qui a permis d'aller à la rencontre de 447 personnes de mars à fin novembre via ces consultations médicales mobiles. Dans sa capsule vidéo, l'ONG pointe les maladies chroniques (46% de ses patients) et les risques sur la santé pouvant aller jusqu'à la mort devant l'impossibilité de mettre en oeuvre un suivi médical faute de place d'hébergement.