600 illégaux occupent le 2 boulevard Saint-Lazare. Rapport de la police, attendu aujourd'hui

SAINT-JOSSE Il y a une grosse dizaine, près de 200 sans-papier grimpaient sur le toit du 2 boulevard Saint-Lazare. Redescendus, ils occupent des étages de ce bâtiment désaffecté. Dans l'espoir d'y siéger un moment.

"La vie s'organise", certifie Moniim, porte-parole de ces 600 démunis, riche de 13 nationalités, de 120 familles. "Nous avons des responsables par étage, pour la sécurité, un président..."

Brutalement chassés (c'est eux qui l'affirment) de la rue des Minimes (Foyer bruxellois), ils ont jeté leur dévolu sur partie de cette future possible Fortis Tower. Non sans être, pour l'instant, confrontés à un problème de toilettes et d'eau - à puiser à l'extérieur depuis la fermeture par Vivaqua. Les revendications de ces illégaux, souvent couchés à même le sol, voire sur un matelas et, dans le meilleur des cas, emballés dans une couverture ?

"On est ici pour obtenir quelque chose. Nos papiers ! ", serine notre interlocuteur. "Certains d'entre nous sont en Belgique depuis 13 ans. Nous comptons même un journaliste réfugié politique..."

Moniim le jure. Si ses compagnons d'infortune passèrent par le toit de l'édifice plutôt plus attirant, c'est pour qu'on les entende. "Parce qu'on n'a plus confiance en personne depuis que samedi, à 5 h 30 du matin, la police nous a délogés des Minimes."

Ici, à Saint-Josse , en principe, pas de ça. Ces nombreux jeunes "entre 30 et 40 ans" (un étage sera réservé aux dames et à leurs progénitures, dès lors que les hommes l'auront nettoyé), le maïeur, Jean Demannez (PS), n'escompte pas les virer - "Pour qu'ils aillent où ?"

Un accord est intervenu en ce sens avec la banque propriétaire du bâtiment.

"Les droits de l'homme, c'est pour nous !", balance un calicot. Les pompiers ont déjà donné leur aval pour ce toit; le rapport de police suivra. Mercredi. De celui-là dépendra la décision finale de l'entité. Sécurité oblige.



© La Dernière Heure 2009