Lancée en octobre, l'application est critiquée pour son manque de précision concernant les arrivées en temps réel.

Problèmes de maniabilité, imprécision des arrivées en temps réel, pas de prise en compte des déviations : la nouvelle application mobile de la Stib ne satisfait pas tous ses utilisateurs. Lancée le 18 octobre dernier, l'application avait pour objectif de remplacer l'ancienne, disponible depuis 2010 et ne comprennant qu'une seule fonctionnalité : l'heure d'arrivée des bus, trams et métros.

Cette nouvelle application intègre notamment un planificateur d'itinéraire permettant à l'utilisateur de choisir le chemin le plus rapide, celui avec le moins de marche ou celui avec le moins de correspondance. Grâce à la géolocalisation, l'application situe les principaux arrêts à proximité et indique la durée d'attente en temps réel. Il est aussi possible de concevoir un compte personnel pour créer des favoris (adresses, lignes ou arrêts).

Mais ces nouvelles fonctionnalités sont accompagnées de nombreux dysfonctionnements selon Gaëtan Van Goidsenhoven (MR) : "Plusieurs témoignages concordants d’usagers de la Stib me sont revenus, encore récemment, pour faire état de différents problèmes. Le plus important concerne l’heure d’arrivée en temps réel. Il semble que celle-ci soit encore trop souvent imprécise, voire complètement inexacte, particulièrement en soirée." Cette situation peut amener les usagers à manquer leur transport ou leur correspondance, pointe le député bruxellois. "Elle est d’autant plus incompréhensible que les temps d’attente de l’ancienne application étaient quant à eux exacts dans une très large mesure, de même que sont exacts les temps d’attente affichés sur les panneaux des différents arrêts."

De son côté, Pascal Smet (SPA) note que les informations en temps réel affichées dans l'application proviennent du même système que celui qui sert de source aux panneaux numériques dans les stations. "Pour des raisons de performance technique, la fréquence de rafraîchissement de ces données dans l'application mobile peut être légèrement différente de celle affichée sur les panneaux et sur l'ancienne application mobile, ce qui peut donner lieu à un décalage d'une minute. Ces informations en temps réel prennent en compte un temps de trajet normal afin d'estimer l'arrivée d'un véhicule à un arrêt. Tout événement ou incident qui affecte le déroulement normal du trajet, par exemple une circulation bloquée sur la voie, cause des différences entre le temps réel annoncé et l'arrivée du véhicule à l'arrêt suivant."

Mais le député persiste : "Les décalages sont supérieurs à une minute, plusieurs témoignages vont dans ce sens." Il pointe un autre problème, lié à la planification d'itinéraire. "Plusieurs usagers m'ont signalé que le chemin proposé n'était pas toujours le plus approprié et que la durée de trajet estimée était souvent inexacte." D'autres signalent la non prise en compte par l'application des déviations, y compris celles qui durent depuis plusieurs mois, comme celle du bus 71. "La Stib procède à des améliorations continues de l'algorithme de recherche d'itinéraires par des adaptations des paramètres comme la vitesse de marche ou les distances maximales de déplacement à pied", répond Pascal Smet qui rappelle que des améliorations ont déjà été constatées en février. 

Le ministre affirme n'avoir reçu que douze plaintes depuis le lancement de l'application. Une défense qui ne convainc pas le député : "Il minimise les dysfonctionnements alors qu'il suffit de consulter les commentaires des utilisateurs dans le Store pour se rendre compte qu'ils sont largement mécontents."  

"La Stib travaille avec deux opérateurs privés pour la mise à jour de l'application", conclut le ministre de la Mobilité. L'application devrait faire l'objet de trois mises à jour en 2019. La première est prévue au printemps prochain.