Bruxelles Ils étaient venus pour protester contre l’abandon dont ils expliquent faire l’objet.

Plusieurs victimes du 22 mars s’étaient donné rendez-vous ce mercredi midi à la rue du Lambermont, près du parc royale à Bruxelles. C’est là que se trouve la résidence du premier ministre, Charles Michel. Leur objectif était de protester contre l’abandon dont ils font l’objet de la part du gouvernement.

Les victimes, membres de l’association Life4Brussels, se sont rassemblées pendant quelques minutes, avant que la police leur signale l’interdiction de manifester dans la zone neutre. “Nous sommes là pour deux choses principalement : la prise en charge et l’indemnisation des victimes d’attentats en Belgique, et l’ouverture, en 2020 du procès du 22 mars 2016, qui promet d’être long et difficile. Les victimes n’en peuvent plus concernant leur traitement et leur indemnisation. Elles sont à bout”, indique Jamila Adda de l’association Life4Brussels alors que les policiers récupéraient les cartes d’identité de la dizaine de manifestants.

Les victimes ont rapidement été renvoyées de l’autre côté de la rue du Lambermont. Les manifestants, déterminés à être reçu par le premier ministre, ont alors déployé les différentes affiches. “Tout le monde n’est pas là. On a prévu celui mardi soir et on a demandé à quelques uns d’être présents. Nous sommes à quelques jours à peine du 22 mars. On voulait faire quelque chose. Il y a 200 victimes dans notre association. Je n’en suis pas une. J’étais dans une tour à Maelbeek. J’ai aidé dès le premier jour et c’est encore le cas maintenant”, raconte Jamila Adda.

Les victimes et leurs familles voulaient absolument faire passer le message qu’elles se sentaient abandonnées et pas prises au sérieux par le gouvernement. “Ça fera 3 ans dans quelques jours. Nous sommes blessés corps et âme. Où est le soutien année après année ? Il faut raconter encore et encore ce qui est arrivé comme si on n’était pas pris au sérieux. Il y a quelques semaines, une victime a fait la grève de la faim pour recevoir une réponse du premier ministre. Devons-nous faire la même chose pour que nos droits soient respectés ?”, s’interroge Loubna Selassi, la femme d’une victime présente hier et qui a perdu une de ses jambes à Zaventem, “En juin 2018, on a écrit avec mon mari au premier ministre. La seule réponse est un accusé de réception”.

Loubna Selassi, comme l’ensemble des victimes présentes, demande un plus grand respect et une plus grande considération au gouvernement : “On regrette ce silence, vraiment. Il est du devoir du gouvernement de nous accompagner. On doit se concentrer sur notre reconstruction, mais c’est impossible dans la situation actuelle. Il doit y avoir une prise de responsabilité”.

La délégation

a reçu la visite du porte-parole du premier ministre, Frédéric Cauderlier. La police a ensuite fait déplacer les manifestants, dans le calme, sur le terre-plein du boulevard qui coupe la rue Lambermont et la rue Belliard. “On a demandé à rencontrer Charles Michel, mais c’est impossible apparemment. On nous a proposé de voir un collaborateur. Les victimes ne veulent pas donc on ne sera pas reçu”, explique Jamila Adda.

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