Bruxelles

Cette prolifération n’inquiète pas le service hygiène de la Ville


ENVIRONNEMENT
“La prolifération des rats est proportionnelle au nombre de déchets. Quand il y en a beaucoup, ils mangent plus et se multiplient.” Pas facile de savoir combien de rats peuplent les égouts de Bruxelles.

Selon le Musée des égouts, il a lieu de compter désormais sur deux rats par habitant. Rappelons qu’il n’y a encore pas si longtemps, on évoquait l’existence d’un rat seulement par habitant.

Ce million a donc doublé, comme le confirme l’ASBL Art et Nature, en visite dans les souterrains de la ville le mois dernier. Une prolifération importante qui, étonnamment, ne fait pas frémir tout le monde. C’est que les rats ont aussi leur utilité : “Ils mangent le tiers des déchets des Bruxellois”, précise l’association.

“Les déchets sont leur source d’alimentation”, signale à son tour la société de dératisation Una Désinfection, située à Anderlecht. “À certaines périodes, le nombre des rats existant à Bruxelles peut doubler si les déchets abondent. Mais deux rats par habitant, c’est trop”, indique toutefois le gérant, M. Hubert. “Ils n’ont plus assez d’endroits pour nicher et doivent alors sortir de leur biotope, qui sont les égouts. C’est dans ces cas-là qu’on nous appelle pour une dératisation. En règle générale, il vaut mieux compter sur une population équilibrée qui reste dans son biotope.”

Una Désinfection se rend surtout compte de la prolifération des rats par la quantité de leurs excréments mais aussi par rapport au nombre de plaintes reçues.

Du côté de la Ville de Bruxelles, on est loin de paniquer et de prendre cette nouvelle estimation au sérieux. “Les rats vivent cachés dans les égouts. Personne ne peut vraiment les compter”, indique Erny De Winne, en tête du service hygiène bruxellois depuis trente ans. “D’où sort-t-on qu’il existe un rat ou deux par habitant à Bruxelles ?”, se demande-t-il, rappelant que son service procède à la dératisation des égouts deux fois par an, pas plus, pas moins.

“Ce n’est pas parce que Bruxelles compte de plus en plus d’habitants, et donc de déchets, que la population des rats doit en faire autant. On dératise comme d’habitude, tous les six mois”, tranche M. De Winne.

Ludivine Nolf

© La Dernière Heure 2010