Bruxelles 89 Bruxellois seront tirés au hasard pour former une assemblée populaire.

Ils ont atteint leur objectif: avec 5,18% des voix, la liste Agora.Brussels obtient un siège au parlement bruxellois. La prochaine étape consiste maintenant en la création d'une assemblée populaire non-officielle composée de 89 Bruxellois, dont Pepijn Kennis, qui est l'unique élu, sera le porte-parole au parlement. Explications et portrait d'une liste qui veut faire de Bruxelles une démocratie participative. 

Les dés sont jetés et le portrait du futur parlement se profile. 17 sièges pour le PS, 15 pour Ecolo, 13 pour le MR, 10 pour Défi, 4 pour Groen et...au milieu des gros partis, Agora en remporte un. "Il y a maintenant un seul parlementaire à Bruxelles et en Belgique qui n'a pas la fonction représentative classique, c'est-à-dire celle de défendre sa propre idéologie", explique David Petit, membre d'Agora. "Nous sommes dans une logique parlementaire dont le but n'est pas de changer le contenu ou les décisions qui sont prises, mais bien de changer le cadre du fonctionnement démocratique." 

Et pour ce faire, la liste veut installer, parallèlement au parlement régional, une assemblée de 89 personnes issues du public bruxellois. "Officiellement elle ne sera pas reconnue. On va donc la créer nous-même en tirant au sort les membres. Il y a un document qui recense tous les immeubles bruxellois et qui les a numérotés. On va tirer au sort des immeubles et envoyer des courriers aux gens, aller sonner aux portes, etc." Et si ce système se porte bien sûr sur une base volontaire, Agora sera tout de même attentif à la diversité au sein de cette assemblée. "Nous avons instauré trois quotas en termes d'âge, de genre et de formation, pour être sûrs que le groupe soit le plus représentatif possible de la population bruxelloise." Il devra, par exemple, y avoir 52% de femmes au sein de ce processus, car c'est l'actuelle proportion de femmes à Bruxelles.

Le rôle de cette assemblée sera simple: discuter des intérêts généraux, de projets bruxellois et des décisions parlementaires, pour que les conclusions soient ensuite relayées au parlement par Pepijn Kennis, élu de la liste Agora.brussels. "L'agenda sera totalement libre. Les membres pourront soit débattre des points discutés au parlement, soit introduire de nouveaux points. Le but est que tout soit relayé au niveau institutionnel."

À terme, Agora ambitionne une officialisation de cette concertation populaire, de manière à ce qu'elle obtienne le même pouvoir que le parlement bruxellois. "Quand ça sera le cas, notre liste Agora disparaîtra", conclut David Petit.