Bruxelles Pour le parti d’extrême-gauche, il n’est pas question de monter dans des majorités. 

À un an des prochaines élections communales, le PTB a décidé de présenter des listes bilingues dans sept communes de la capitale. À Molenbeek et Schaerbeek où le parti d’extrême-gauche détient déjà un siège au conseil communal, l’ambition est d’augmenter le nombre de sièges. Comme lors des précédentes élections locales en 2012, le PTB tentera de percer à Anderlecht, Saint-Gilles, Bruxelles-Villes et Ixelles. Une liste sera également constituée dans la commune de Forest, ce qui est une première.

C’est la dernière fois que le PTB ne présente pas des listes dans l’ensemble des 19 communes, affirme le président du PTB en Région bruxelloise. "Le parti grandit ! Pour la prochaine échéance électorale, nous avons simplement choisi les communes où les scores réalisés lors du scrutin régional de 2014 dépassaient le seuil permettant d’avoir un élu et celles où nos sections locales sont très actives", explique Dirk De Block.

Oscillant autour de la barre des 10 % dans les derniers sondages, le PTB se montre assez confiant. "Nous comptons doubler globalement nos scores dans les communes où l’on se présente : on vise 5 à 10 % avec au moins un élu mais peut-être deux voire trois dans certaines communes. Notre arrivée à Molenbeek et Schaerbeek était peut-être une surprise pour certains mais pas pour nous. Nous n’avons fait que cueillir le fruit de notre travail de terrain", estime Dirk De Block.

Pour définir les priorités, le parti d’extrême-gauche prévoit de réaliser une grande enquête auprès de 10.000 personnes qui seront interrogées en porte-à-porte, sur les marchés et en ligne. "On n’implique pas suffisamment le citoyen dans la politique communale. C’est quand la dernière fois que votre commune a demandé votre avis sur un projet important ? Nous voulons offrir un levier aux Bruxellois pour que leur voix pèse. En mobilisant les citoyens sur les priorités qu’ils ont définies, on arrache de petites victoires comme le maintien des cours de natation à Molenbeek", souligne Dirk De Block qui siège sur les bancs de l’opposition dans cette commune.

Le parti d’extrême-gauche n’envisage pas d’entrer dans des majorités en 2018. "Il faudra d’abord juger les résultats. Mais on s’imagine mal dans une majorité avec des partis qui avaient tous voté en faveur de la réglementation budgétaire européenne qui empêche les pouvoirs publics de réaliser des investissements d’envergure alors qu’on a besoin de crèches, d’écoles, de homes. La Région empêche les communes de créer de nouvelles taxes qui touchent les sociétés. Alors au niveau local, on se contente de gérer la pénurie. Comment justifier cela dans la 3e région la plus riche d’Europe en matière de PIB ? Il faut rompre avec cette logique", conclut Dirk De Block.