Transformer son établissement horeca en lieu accueillant des vide-dressings, c'est le pari que s'est lancé Lene Pauporté. La Schaerbeekoise gère le L's coffee shop, situé rue du Gentilhomme, entre la gare Centrale et le parc royal. Le commerce fonctionnait bien jusqu'à ce que le Covid-19 pointe le bout de son nez. "A la réouverture après le premier confinement, on n'a jamais repris correctement car c'est une zone de bureaux et que les gens étaient beaucoup en télétravail. Le constat a donc été vite établi : pour s'en sortir, il fallait que je trouve un nouveau moyen de vente."

La demande est là, ses clients la poussent à livrer ses bagels et pâtisseries à domicile. Un projet qu'elle est en train de mettre en place, sans savoir si cela lui permettra de s'en sortir financièrement. "J'ai encore un crédit de trois ans pour mon local que je ne peux plus utiliser. Depuis un mois et demi, je réfléchis donc à une façon de le reconvertir."

Seule dans le bateau depuis que son conjoint a du se reconvertir pour assurer des rentrées financières à la famille, Lene se voit organiser des vide-dressings. "Comme beaucoup de monde, avec le confinement, j'ai eu le temps de faire du tri à la maison et de me rendre compte que j'avais envie de sortir de la surconsommation. Et puis mes moyens financiers ont diminué et je préfère les relations humaines aux achats en ligne."

Lundi, la commerçante teste son idée sur les réseaux sociaux. "Je ne m'attendais vraiment pas à avoir des réactions aussi positives. Tous les jours, des gens me contactent pour me proposer de l'aide ou me dire qu'ils apprécient le projet", se réjouit-elle. Ce matin, c'est de la commune qu'elle a reçu une bonne nouvelle : "Elle m'autorise à titre exceptionnel à organiser les vide-dressings. J'aimerais les lancer en février, durant quatre week-ends d'affilée. J'ai 100 m² répartis sur deux étages, je vais donc sous-louer des emplacements dans le respect de la distanciation sociale, ça m'aidera à payer le loyer."

Ce nouveau projet lui permet de défendre ses valeurs écologiques et de retrouver un contact humain mais il doit surtout lui faire éviter la faillite qui la menace. "Je m'invente un nouveau métier, je n'ai pas le choix. C'est un coup de poker parce que je vais devoir me construire une nouvelle clientèle mais les très bons retours que j'ai pour l'instant sont comme un cadeau de Nouvel An", conclut-elle pleine d'espoir.