Quinze jours après les émeutes, le MR demande toujours des comptes au bourgmestre bruxellois.

Le MR bruxellois ne lâche rien. Persuadé que le bourgmestre Philippe Close (PS) a accumulé les erreurs dans la gestion de la manifestation Black Lives Matter du 7 juin dernier, il reviendra à la charge ce lundi à l’occasion du conseil communal de la Ville de Bruxelles tandis que Dominique Dufourny fera de même à Ixelles.

Pour mémoire, lors des émeutes survenues à la fin de la manifestation du 7 juin dernier, 33 policiers ont été blessés, dont un a eu un poignet cassé, 16 véhicules de police ont été endommagés tandis que 77 boutiques ont été pillées et vandalisées.

Outre un certain nombre d’erreurs "opérationnelles", Dominique Dufourny et David Weytsman pointent une "erreur politique". "La gestion de cette manifestation a davantage participé à la stratégie de communication d’un seul homme - le bourgmestre Philippe Close - qu’à la sécurité des policiers, assure David Weytsman. J’y vois un désaveu pour le corps de police. Philippe Close a fait les mêmes erreurs qu’Yvan Mayeur en 2014 ! Sa responsabilité politique est totalement engagée dans les émeutes du 7 juin dernier."

Sur le plan opérationnel, les libéraux bruxellois ixellois pointent de nombreuses erreurs. "L’avis du chef de corps Michel Goevaerts était négatif, cela figure dans son rapport. M. Close ne l’a pas respecté. Ensuite, aucune mesure préventive n’a été prise pour les commerçants. Par ailleurs, on savait que la manifestation était classée comme dangereuse. Meilleure preuve, dix cohortes de police étaient prévues. Comment cela a-t-il pu déborder à ce point ?" s’étonne Dominique Dufourny, qui ne comprend par ailleurs toujours pas pourquoi ce n’est pas le commissaire Vandersmissen qui a géré cette manifestation à risque mais "une personne dont c’était la première manifestation à risque de ce genre !"

David Weytsman reproche encore à Philippe Close l’absence de réaction de la police lorsque les manifestants ont commencé à investir la rue de Namur, déchausser les pavés de la place Royale, casser les vitrines du boulevard de Waterloo, etc. Ce dont s’est toujours défendu le bourgmestre de la Ville de Bruxelles.

"Pourquoi les véhicules de police se laissaient caillasser puis quittaient les lieux, ce qui a permis aux criminels de pénétrer dans la chaussée d’Ixelles ? C’est incompréhensible. Lorsqu’un policier se fait agresser, il doit y avoir une réaction proportionnée définie dans un protocole clair. Quel est-il lorsqu’un policier se faisait agresser, lorsqu’un émeutier lançait un pavé, lorsqu’un véhicule de police était saccagé ? Selon moi, ce protocole de réaction proportionnée n’a pas été établi. Pendant les émeutes, la réaction du bourgmestre fut d’adopter une stratégie de repli. C’est inadmissible !"