Bruxelles

Seules Auderghem, Saint-Josse-Ten-Noode et Woluwe-Saint-Lambert ont atteint les quotas en 2017-2018. La Fédération bruxelloise des entreprises de travail adapté veut des sanctions.

A moins de dix jours des élections, la Fédération bruxelloise des entreprises de travail adapté (Febrap) lance un gros pavé dans la mare. Elle dénonce l'échec des mesures mises en place par le gouvernement bruxellois en matière de travail adapté à destination des personnes handicapées dans la fonction publique. Leur constat est lapidaire : l'échec est total en Région bruxelloise. Seules trois communes ont atteint les quotas en 2017-2018 : Auderghem, Saint-Josse-Ten-Noode et Woluwe-Saint-Lambert.

Le gouvernement bruxellois avait pourtant pris des mesures intéressantes durant les trois dernières années avec l’adoption de deux ordonnances : l’ordonnance du 2 février 2017 imposant aux communes bruxelloises un quota d’engagement de personnes handicapées fixé à 2,5 % et l’ordonnance du 27 mars 2018, en tous points similaires, pour les CPAS. "Lors des débats parlementaires sur le sujet, tout le secteur bruxellois de l’insertion socioprofessionnelle de personnes handicapées avait encouragé les députés à amender le texte pour y ajouter des sanctions en cas de non-respect", rappelle la Febrap.

"La majorité était restée sourde à cet argument, certains parlementaires arguant qu’on pourrait toujours l’ajouter si le bilan prévu un an après la mise en œuvre de l’ordonnance était négatif." Il l'est donc et pas qu'un peu ! "Une fois de plus, les chiffres montrent que cette politique d’incitants qui se fonde sur la simple motivation de responsables d’administration n’a malheureusement jamais fonctionné. La preuve : plusieurs aides publiques existent et une multitude d’opérateurs bruxellois subsidiés pour faciliter le recrutement sont à disposition des administrations publiques."

© FEBRAP

"Avant la mise en œuvre de ces ordonnances, la plupart des communes bruxelloises s’étaient fixées un quota de 3% (soit un quota plus élevé qu’à ce jour) qu’elles n’avaient jamais atteint. La proposition des politiques était de fixer un objectif "atteignable" qui tiendrait compte de cette difficulté de recensement. C’est pourquoi la solution qui a été coulée en texte d’ordonnance a été de diminuer le quota de 3% à 2,5% et de permettre de comptabiliser les reconnaissances que l’administration a en sa possession sans devoir les demander à ses travailleurs."

Dans leurs argumentaires, les partis bruxellois avaient pointé la difficulté de recensement. Pour le président de la Febrap Benoit Ceysens, l'argument est fallacieux : "La difficulté du recensement est un faux argument. Les communes et CPAS doivent garder en mémoire que le taux d’emploi de 2,5% est très bas par rapport aux autres niveaux de pouvoir (Cocof : 5% ; Fédéral : 3%). Et c’est encore plus marquant quand il est comparé à nos voisins européens (France : 6% ; Allemagne : 5% ; Luxembourg : 5%). Il faut que ces administrations aient bien cette comparaison en tête pour éviter qu’elles organisent une chasse aux sorcières vis-à-vis de leurs travailleurs qui ne veulent pas se déclarer en situation de handicap. Par ailleurs, le législateur leur permet d’utiliser des reconnaissances que ces administrations ne doivent pas demander à leurs travailleurs ou encore de confier du travail via leurs marchés publics à des personnes handicapées qui travaillent dans des structures adaptées. Elles n’utilisent clairement pas assez cette possibilité."