Des élus se sont glissés dans la peau de personnes en situation de handicap pour éprouver leurs difficultés dans les transports.

Pour comprendre les difficultés rencontrées par les personnes handicapées dans les transports en commun, le meilleur moyen est sans doute de se glisser dans leur peau. C’est l’exercice auquel se sont livrés lundi plusieurs députés membres de la commission Infrastructure du parlement bruxellois qui avaient répondu à l’invitation du Collectif Accessibilité Wallonie-Bruxelles (Cawab).

Le rendez-vous avait lieu dans la station De Brouckère, où les trios - composés d’une personne en situation de handicap, d’un accompagnateur et d’un parlementaire - se sont vite formés. Certains élus ont pris position dans une chaise roulante tandis que d’autres ont hérité d’un bandeau noir les plongeant dans l’obscurité la plus complète.

Les premiers couacs n’ont pas tardé. Au moment de passer les portiques, une personne à mobilité réduite et son accompagnatrice ont été bloquées dans le sas. Alors qu’une file se formait derrières elles, un agent de la Stib a décidé d’ouvrir manuellement le dispositif.

Pour rejoindre le métro, il fallait encore passer une seconde série de portiques et transiter par le movator (escalator plat). Celui-ci était malheureusement en panne. Pas de quoi refroidir Julie de Groote (CDH), qui faisait aller ses bras rapidement pour faire avancer sa chaise. "Il faut du muscle! Mais ce qui me marque jusqu’ici, c’est surtout qu’il faut être extrêmement patient. Et on suscite de l’impatience chez les autres quand on bloque des mamans avec poussettes qui passent par le même et unique portique...", a commenté l’humaniste.

Pour monter dans le métro, il fallait attendre qu’un agent de la Stib amène une rampe permettant de combler l’écart entre la rame et le quai. "D’habitude, j’utilise ma propre rampe qui est moins lourde et pliable et je demande aux gens de la placer. Des nombreuses villes européennes que j’ai visitées, Bruxelles est la pire en termes d’accessibilité des transports pour les PMR. À Berlin, une rampe est disponible sur chaque quai !", a fait valoir Blandine, une jeune femme en fauteuil.

Pour certains trios , le voyage s’est transformé en parcours du combattant : une simple panne d’ascenseur peut vous faire perdre du temps, voire vous imposer un détour par une autre station. "Pour des raisons de moyens, la Stib accepte d’accompagner uniquement un seul PMR par métro. Des personnes à mobilité réduite n’ont donc pas intérêt à se lier avec d’autres personnes en chaise roulante. Car cela sera compliqué d’aller au cinéma ensemble", a déploré Céline Delforge (Écolo).

"Rien que pour trouver le bon arrêt pour le bus 71 près du centre administratif de la Ville, j’ai dû demander de l’aide. Ensuite, le volume de la voix indiquant les arrêts était trop faible" , a relevé Bruno De Lille (Groen) après avoir pris le bus et le tram en étant plongé dans le noir. "Pour se repérer dans certaines stations comme la Gare du Nord, c’est tout simplement impossible sans accompagnateur. Heureusement, le personnel de la Stib est vraiment très sympathique et prêt à aider", a toutefois souligné l’écologiste pour conclure sur une note plus positive.