Les prochaines heures risquent d'être très compliquées sur le plan de la mobilité à Bruxelles. Plusieurs centaines de forains, réunis sur le parking C du Heysel, ont démarré leurs camions sur le coup de 9h30. Objectif : mener une opération escargot sur la petite ceinture de Bruxelles, pour protester contre l'annulation des foires dans le pays. Et plus particulièrement celle du Midi, annulée mercredi par le bourgmestre Philippe Close alors qu'elle devait démarrer ce samedi. Ils seront accompagnés par une vingtaine de policiers à pied, des combi, des motos et des vélos de police.

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En tête du cortège, un corbillard baptisé au nom de la Foire du Midi. "Cette foire représente la moitié de mon chiffre d'affaires annuel, confie Daniel Tréhout, forain depuis de très longues années. L'annulation est une catastrophe pour nous. On n'a plus aucune activité depuis cinq mois et on se réjouissait de pouvoir recommencer. Personne ne nous a laissés penser que ça pouvait fermer. On nous l'a dit à la dernière minute, alors qu'on montait déjà nos attractions et stands. Ca représente une énorme somme d'argent investie pour rien. On est entre colère et incompréhension. Désormais, on attend des aides."


Là où les forains sont d'autant plus choqués, c'est que les parcs d'attractions peuvent ouvrir. "Pourquoi pas les foires dès lors ? Le corona s'arrête-t-il aux portes des parcs d'attractions ? Certains forains vont inévitablement faire faillite."

Vincent Delforge confirme : "C'est dramatique. Certains vivent leurs dernières heures en tant que forains. Ce qui est révoltant, c'est que tous les secteurs comparables ont pu ouvrir. Mais nous, pas. On est des laissés pour compte."

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Jean Tréhout poursuit : "On avait pourtant mis du gel partout. On comptait effectuer un nettoyage régulier des attractions."

Les forains attendent désormais un dédommagement. Un premier geste a été fait, jeudi soir, par la ville de Bruxelles, qui a débloqué 500.000 euros pour indemniser les forains lésés. "C'est bien mais ça ne couvre pas les frais d'installation de la foire du Midi. On a aussi besoin d'une aide pour ceux dont l'activité est à l'arrêt depuis des mois.

Les forains se sont élancés via l'avenue de la Reine pour rejoindre la petite ceinture. A hauteur de la rue de la Loi, ils devaient accrocher une bâche (ce qui n'a finalement pas été fait), allumeront des gyrophares et klaxonneront à tout-va pour se faire entendre. "Nous laisserons passer la police, les ambulances et les pompiers car nous ne sommes pas là pour créer des problèmes. Nous voulons juste nous faire entendre. Nous n'empêcherons pas non plus les trams de passer."


Sur le trajet, certaines personnes ont pris le temps de les applaudir. "On les soutient. Ils ne peuvent plus vivre et nous, on ne peut plus en profiter. Bientôt, il n'y aura plus rien", nous confie un passant. D'autres sont moins heureux de voir la circulation à l'arrêt. "Ils nous font chier", lance un conducteur.