Bruxelles Une travailleuse du sexe a été agressée ce matin. C’est la deuxième en une semaine.

"Elle est salement arrangée. Demain, elle ne verra plus, ses yeux ne s’ouvriront pas." Une travailleuse du sexe a été agressée dans son carré ce jeudi matin, vers 6 h. "Ce n’était pas un client, il a clairement dit qu’il ne voulait pas de relation sexuelle mais qu’il en avait après son argent", explique Marie, qui travaille à quelques pas de là. La victime, principalement touchée au visage, a été emmenée à l’hôpital avant de pouvoir regagner son carré.

Il s’agit de la deuxième agression de ce type en une semaine dans la rue Linné. Mercredi dernier, une autre prostituée avait été agressée par deux individus dans son carré, vers 22 h. Armé d’une barre de fer, l’un d’eux lui a cassé le bras. Transférée à l’hôpital, elle avait dû être opérée avant de pouvoir rentrer chez elle. "Ils visent les Africaines parce qu’ils savent qu’elles ne parleront pas, qu’elles ne porteront pas plainte."

Face à cette situation, les travailleuses du sexe dénoncent l’inaction de la commune. "Ce n’est pas normal que nous, travailleuses du sexe, devions nous-mêmes nous occuper des victimes. Je ne suis pas assistante sociale", déplore Marie, au bord des larmes, avant d’ajouter : "C’est du travail bénévole et c’est très violent pour nous aussi."

De son côté, le bourgmestre socialiste Emir Kir (PS) assure faire son possible pour rétablir de la sécurité dans le quartier Nord. "Nous y avons installé un commissariat de proximité. Puis nous avons interdit la consommation d’alcool en rue ainsi que la vente et la consommation de gaz hilarant." Des mesures loin d’être suffisantes, estime Marie : "J’ai travaillé tous les jours depuis l’agression de mercredi et je n’ai pas vu une patrouille policière."