Environ 350 travailleurs du secteur des titres-services affiliés à la Centrale générale de la FGTB ont manifesté lundi matin dans les rues du centre de Bruxelles.

Les aides-ménagères avaient entamé en novembre dernier un mouvement de protestation afin de réclamer une hausse des salaires. Il avait débouché sur une journée de grève inédite la semaine dernière. Les quelque 145.000 travailleurs du secteur, qui comprend aussi les employés dans les ateliers de repassage, sont payés en titres-services et réclament une hausse salariale de 1,1%, conformément à l'accord interprofessionnel de début 2019.

Les employeurs ne souhaitent cependant pas une augmentation sous cette forme et refusent d'aller au-delà d'une prime nette unique d'un peu plus de 65 euros pour deux ans. Pour le syndicat socialiste, cette demande de hausse salariale est pourtant "totalement légitime et justifiée" alors que le salaire moyen dans le secteur est de 11,50 euros brut par heure.

Même une tentative de conciliation sociale, demandée à l'initiative des employeurs du secteur, n'a pas réussi à débloquer la situation pour le moment, déplore l'organisation syndicale. "Les négociations sont dans l'impasse depuis plus de neuf mois", dénonce Sébastien Dupanloup, secrétaire fédéral de la FGTB-Titres services. "Nous continuons donc les actions."

La Centrale générale a organisé une action à Bruxelles ce lundi matin. Après s'être réunis devant la Gare centrale, les manifestants (500 selon le syndicat socialiste, 350 d'après la police) se sont élancés en cortège vers la place Louise, où se trouve le siège de l'entreprise Daoust. Cette entreprise de titres-services est un membre important et historique de la fédération patronale Federgon, qui refuse toute augmentation salariale pour le moment. La direction a reçu une délégation peu après 11h00, qui a pu faire part de ses doléances et de son souhait d'un accord rapide.

Le syndicat a ciblé Daoust car cette entreprise a versé 9 millions d'euros de dividendes de 2016 à 2018. "Les entreprises du secteur continuent à distribuer des dividendes sans vergogne et l'argent est utilisé pour d'autres actions que les titres-services. Or ce système avait été mis en place pour sortir les travailleuses de la précarité. Pourtant, elles ne parviennent pas à sortir la tête de l'eau aujourd'hui", se désole Sébastien Dupanloup.

Daoust a également été choisie car la direction affirme avoir beaucoup de respect pour la concertation entre salariés et employeurs, explique le syndicat socialiste, qui entend qu'elle joigne les paroles aux actes.

Quant au débat sur une revalorisation de la valeur faciale des titres-services, la FGTB la balaie d'un revers de la main. "Cela va renvoyer vers le travail au noir les aides-ménagères", estime le secrétaire fédéral.

Et si le blocage perdure? La FGTB s'adressera alors directement aux clients en les sensibilisant sur la précarité et le manque de respect pour les aides-ménagères, prévient-elle.