Bruxelles

En plus d'attaquer le CPAS et son ancien assistant social, Frank Nouma prévoit aussi de déposer des toutes-boîtes racontant son histoire chez tous les Etterbeekois.

Après sept mois de relation houleuse avec son conseiller CPAS, Frank Nouma s'est vu retirer toute aide sociale de la part du CPAS, pas plus tard qu'il y a une semaine. Le vendredi 23 novembre, alors qu'il était déjà en litige contre son ancien conseiller social, celle qui le remplace lui expliqua que, puisqu'il vivait chez sa mère dans un logement social, son cas allait être réévalué. Après un rapide calcul, l'assistante sociale lui annonça que son allocation s’élèverait désormais à... zéro euro.

Si le centre public etterbeekois a justifié auprès de Frank Nouma cette soudaine suspension d'aides par son statut de bénéficiaire "non-isolé", le riverain etterbeekois n'y croit pas. Pour lui, c'est le fruit de sept mois de bataille contre un "assistant social qui n'a pas fait son travail", affirme-t-il. "Je vais porter plainte contre le CPAS et contre lui en particulier." L'objet de sa plainte? Harcèlement, faux en écriture, chantage et pratiques illégales.

"En sept mois, nous nous sommes à peine vus", se souvient Frank Nouma. "De plus, un assistant social comme son nom l'indique est censé nous assister, nous aider. Il ne m'indiquait jamais ce que je devais faire, à tel point que j'ai dû ouvrir un compte payant à la banque Belfius, ne sachant pas que j'avais droit, en tant que bénéficiaire du CPAS, à un compte gratuit en passant par mon assistant. Et des exemples comme ça, j'en ai des tonnes."

Et puisque Frank Nouma n'a pas sa langue dans sa poche, il ne s'est pas empêché de contester ce qu'il trouvait injuste ou faux lors de ses différents échanges avec son conseiller. "Je suis sûr que c'est parce que j'ai décidé de ne pas raser les murs, qu'il s'est acharné sur moi", explique-t-il. "Les gens ont souvent peur de s'attaquer aux administrations, surtout dans le cas du CPAS car on en dépend. Mais quand il y a des injustices il faut les dire. C'est ce que j'ai fait et me voilà puni." En parlant de ces injustices, Frank Nouma fait à nouveau référence à plusieurs manquements qu'il y aurait eu dans son dossier, l'empêchant ainsi de bénéficier de certains avantages. "J'avais droit à un abonnement Stib gratuit, or mon conseiller ne m'a rien dit. J'ai donc eu une amende. En août dernier, on m'a aussi suspendu mon allocation pendant un mois parce que personne ne m'avait prévenu que je devais rendre un document signé confirmant ma domiciliation chez ma mère. C'est un accumulation d'incidents de la sorte qui me font penser qu'il s'agit ici d'un sabotage volontaire de la part de mon assistant social."

De son côté, le CPAS d'Etterbeek affirme ne pas pouvoir s'exprimer sur un dossier personnel. "Je ne gère aucune dossier particulier, et nous sommes tenus par le secret professionnel. Tout ce que je peux dire, c'est que ce n'est qu'une version des faits. Je peux vous assurer que l'assistant social en question faisait très bien son travail", explique Françoise Bertieaux (MR), présidente du CPAS.

Frank Nouma, qui n'entend pas en rester là, prévoit aussi de déposer des toutes-boîtes chez chaque citoyen etterbeekois pour raconter son histoire. Il se mettra à l'oeuvre dès le week-end prochain.