Bruxelles Nuisances sonores, incivilités et envahissement de l'espace public par les établissements horeca...Les habitants du quartier de la place Jourdan déplorent une baisse de leur qualité de vie depuis les travaux.

Ils sont une dizaine et habitent tous dans les rues rayonnant autour de la place Jourdan à Etterbeek. Depuis l'inauguration du nouvel espace partagé en février et, même avant le début des travaux, ces riverains voient leur quartier se faire envahir par de nombreux établissements horeca.

Et si souvent l'augmentation de restaurants et cafés est plutôt bon signe pour une commune, les habitants veulent que ce soit fait dans les règles de l'art. "Dans la réalisation de la transformation de cette place, la commune a fait un demi choix qui a permis un développement généralisé de l'horeca au détriment des autres fonctions. Ces nombreux établissements apportent des nuisances dans notre quartier et le manque de règle permet de faire tout et n'importe quoi sur cette place", explique Michel, vivant dans la chaussée de Saint-Pierre.

Tous réunis pour expliquer les différents problèmes auxquels ils font face, cette dizaine de riverains semble s'accorder sur le fond du problème : une absence de réglementation stricte envers les établissements horeca. "Il m'arrive souvent de devoir aller dormir ailleurs en semaine, car la musique dure jusque 3h du matin", témoigne l'un. "Quand on appelle la police, ils nous disent qu'ils ne peuvent pas intervenir ou que les établissements ont l'autorisation de faire du bruit jusqu'à cette heure-là", déplore une autre.

Et pourtant, tous ne sont pas contre ce nouvel espace. "Je trouve que cette place a bien meilleure allure sans ce gros parking au milieu. Cette place est très belle. Mais il y a un revers à la médaille: l'horeca saute sur l'occasion et étouffe les autres fonctions du nouvel espace", explique un habitant qui vit près de Jourdan depuis maintenant 20 ans. Et Philippe Goyens, son voisin, d'enchaîner: "J'avais déjà prévenu la commune en 2015 lors d'une interpellation citoyenne: il n'y a pas assez de réglementation et l'Horeca nous envahit. C'est toujours le cas aujourd'hui."

D'autres déplorent également des problèmes de sécurité. "Les restaurants et cafés envahissent les trottoirs. Mes enfants doivent donc marcher sur la rue pour passer d'un endroit à l'autre. Je ne trouve pas ça normal."

Contacté, le bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf (MR) assure que des mesures ont déjà été prises. "Nous ne sommes pas restés les bras ballants. Des clous d'arpenteur ont été installés pour limiter l'espace des terrasses. S'ils dépassent ces limites, ils risquent une amende qui équivaut au triplement de la taxe. S'ils recommencent, on supprime la terrasse. Concernant les nuisances, j'ai veillé à rencontrer les riverains qui s'en plaignaient, lors d'une réunion avec la police. Je ne peux pas fermer un établissement s'il n'y a pas au moins deux plaintes à son encontre. Pour que je puisse agir, il faut que le plaignant donne son nom dans une déclaration à la police. Si j’en ai deux, je convoque le commerçant, je l’ai déjà fait, et je prends alors un arrêté de fermeture pour un week-end, une semaine ou un mois parfois."

Enfin, le bourgmestre estime, comme les riverains, qu'il ne faut plus rajouter d'établissement horeca sur la place. "Nous avons pris cet engagement il y a quelques mois et nous le respectons."