Bruxelles L’immeuble a été déclaré inhabitable par le bourgmestre et la SLRB en septembre dernier.

950 euros. C’est le loyer que paye Anne Copette pour vivre dans un appartement envahi par les souris et imbibé d’humidité. Sur sa table à manger, tous ses vivres sont étalés sur la table et emballés d’aluminium. Depuis plusieurs années, Anne et son fils mangent dans des assiettes en carton, pour ne pas être infecté par les déjections de rongeurs. "On ne peut plus rien mettre dans des armoires, sinon les souris bouffent tout", explique-t-elle. "Et c’est pareil pour nos vêtements qu’on est obligés de poser sur des chaises pour pas que les souris ne les dévorent."

Cette situation est vécue par les habitants de tout l’immeuble situé rue des Champs, près de la Chasse. Déclaré inhabitable par un arrêté du bourgmestre d’Etterbeek Vincent De Wolf (MR) et par la Société du Logement de la Région bruxelloise (SLRB) ensuite, ce bâtiment est entièrement géré par le même propriétaire qui a été soumis à un délai d’un an pour réaliser plusieurs travaux. "Déjections de rats et souris", "attaque champignonneuse importante", "absence de détecteur de fumée", "installation électrique pas sécurisée"… Autant de constatations alarmantes qui figurent dans le rapport de la SLRB. "Cette semaine un expert est venu pour mesurer le taux d’humidité dans les murs. Il a constaté un degré 200 d’humidité, alors que le taux régulier est de 40 à 60 degrés…", poursuit la locataire.

D’après les habitants , le calvaire a débuté en 2017. "Nous habitions l’immeuble depuis 2014, mais quand on a emménagé, tout semblait flambant neuf et nickel", se souvient Anne Copette. "En 2017, l’humidité a commencé à détériorer la peinture qui était là pour tout cacher et on a commencé à avoir de plus en plus de visites des rongeurs. Et ce dans tout l’immeuble." Depuis, plusieurs locataires souffrent de différents maux. La jeune femme qui habite au quatrième étage avec son compagnon et son fils souffre de problèmes respiratoires. "Je crache régulièrement du sang. À l’hôpital on m’a expliqué que j’avais des moisissures sur mes bronches, qui sont dues à mon environnement", explique-t-elle.

Un microbe volant dans l'immeuble

En septembre dernier, la CRIPI (Cellule régionale d’Intervention en Pollution intérieure) a également diagnostiqué de l’Aspergillus dans l’immeuble, une sorte de bactérie volante. "Ce microbe a développé chez moi un problème à la thyroïde et une bactérie dans le sang", déplore Anne. "Et mon fils a régulièrement des vertiges, des troubles respiratoires et nous souffrons tous les deux d’allergies aux yeux."

Depuis le mois de mars, tous les locataires ont arrêté de payer leur loyer, attendant de réelles mesures de la part du propriétaire. "Cette histoire va mal finir, je le sens. J’aimerais déménager mais avant je veux récupérer le loyer exubérant que je payais pour vivre ici. Je veux que justice soit rendue", conclut Anne Copette.

Contacté, le propriétaire des lieux n’a pas répondu.