Bruxelles Grand collectionneur,il a du mal à se séparer de tous les objets qu’il a amassés.

Au sous-sol de son immeuble everois, Edmond Poellman insère la clé dans la serrure de l’une de ses caves. Une fois la porte ouverte, l’entrée donne un petit aperçu des trésors entassés dans là. Mais il faut rentrer dans la pièce très exiguë pour se rendre compte du nombre incalculable d’objets qui y sont stockés. Véritable caverne d’Ali Baba, la cave regorge de bibelots en tous genres : bouteilles de vin, sacs en cuir, outils et machine à coudre. Mais le plus impressionnant reste la quantité de livres empilés sur les étagères, tapissant les murs et remplissant boîtes et cartons.

Des livres anciens, des ouvrages d’histoire, des poches et des classiques de la littérature : sur ses étagères, c’est le résultat de soixante ans d’achat et de collection qui s’empile. Pour tous les conserver, Edmond a acheté ‘sept ou huit” caves de son immeuble, toutes principalement remplies de ses milliers de livres.

Mais Edmond ne se contente pas de les collectionner. Cet ancien maroquinier restaure ceux dont la couverture est en cuir. “J’ai la chance d’avoir encore la main pour continuer à en restaurer à mon âge”, se réjouit-il avant de préciser le faire uniquement pour son plaisir : “Je ne les revends pas, ce n’est pas mon métier !” Pas son métier ni son caractère : “Il a trop de mal à s’en séparer, alors il les entasse là où il trouve de la place”, explique sa compagne Micheline d’un haussement d’épaules.

“Quand il travaillait, il n’avait pas le temps de les restaurer. Il a commencé à le faire lorsqu’il a pris sa retraite”, poursuit-elle. Un travail minutieux qui demande du temps, surtout quand les livres sont vraiment abîmés. Mais Edmond ne compte pas ses heures et peut s’appuyer sur ses qualités de maroquinier. Il a 25 ans lorsqu’il commence à travailler à son compte. Il ouvre son atelier à Laeken puis un second magasin à Berchem. “Il ne fabriquait pas ses sacs et portefeuilles à la chaîne, c’était un véritable artisan !”, précise fièrement Micheline.

Passionné, Edmond balaie le compliment et se replonge dans ses livres. On lui souhaite d’en profiter encore longtemps.