Bruxelles

Le collectif déposera son action civile contre la Ville de Bruxelles et sa plainte auprès du procureur du Roi à la fin du mois.

Mardi matin, les membres de l’équipe juridique du collectif Extinction Rebellion se sont réunis avec leur avocat pour finaliser leur dossier d’action civile contre la Ville de Bruxelles. "Nous considérons que la police de Bruxelles a eu un comportement fautif, indique Boris Libois, porte-parole d’Extinction Rebellion Belgium. "Nous allons déposer, avant la fin du mois, une action civile contre la Ville de Bruxelles, autorité judiciaire responsable de la police, avec l’objectif d’obtenir réparation pour les préjudices subis." Le dossier réunit deux plaignants. "Le dossier est technique, rappelle Boris Libois. Nous devons finaliser l’argumentaire. C’est pour cette raison que cela prend un peu de temps."

Pour rappel, les manifestants de l’association Extinction Rebellion, qui lutte contre l’inaction face au dérèglement climatique, avaient occupé le samedi 12 octobre la place Royale, dans le centre de Bruxelles. Ils ont été délogés par la police qui a déployé le canon à eau. 435 personnes avaient été arrêtées administrativement. "Nous jugeons que leur réaction a été disproportionnée, lâche le militant. Nos actions sont toujours non violentes."

À la suite de cette manifestation et face à l’incompréhension des manifestants, une rencontre avait été organisée entre le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close (PS) et certains membres de l’association. "Nous lui avons remis un dossier comprenant 30 pages de témoignages", rappelle Boris Libois. Depuis le 15 octobre, l’association maintient le contact avec le bourgmestre. Entre-temps, les témoignages se sont étoffés. "Nous avons 95 pages de témoignages, soit treize témoignages individuels", précise Boris Libois.

L’autre procédure juridique est une plainte officielle auprès du procureur du Roi qui sera également déposée à la fin du mois. "Nous voulons nous assurer que les enquêtes internes, l’une administrative et l’autre judiciaire, au sein des services de la police soient toujours en cours. Nous souhaitons que ces enquêtes débouchent sur quelque chose, qu’elles ne s’enlisent pas."

Le comité P a reçu six plaintes et, côté parquet, une information judiciaire est en cours. Boris Libois précise qu’aucune plainte n’a été déposée au Comité P au nom d’Extinction Rebellion. Mais le militant reconnaît que "d’autres plaintes ont pu être déposées individuellement".

Le collectif Extinction Rebellion dispose de 1 200 membres et de dix groupes en Belgique

Extinction Rebellion existe en Belgique depuis janvier 2019 et s’étoffe de semaine en semaine. "Nous avons 1 200 personnes inscrites via le formulaire et au moins dix groupes répartis dans tout le pays", explique Boris Libois, l’un des porte-parole d’Extinction Rebellion. À Bruxelles, il y a des petits comités qui se forment dans les différentes communes. Les groupes locaux sont autonomes.

Une action un peu particulière se prépare d’ailleurs dans la capitale. Il s’agit d’un "dimanche sans voiture" prévu dans les semaines à venir. "L’organisation de l’action est encore en phase de discussion", précise Jean Sobczak, un autre porte-parole du mouvement.

Boris Libois explique la démarche : "C’est une action qui vise à sensibiliser le plus grand monde sur une mobilité plus respectueuse de notre environnement. Nous souhaitons que les ‘Dimanche sans voiture’ soient récurrents à Bruxelles."

Une autre action, nationale cette fois-ci, est en préparation pour le mois de décembre. Tous ces événements seront transmis à la presse et communiqués sur Facebook.