Parmi les mesures de soutien présentées ce vendredi par les ministres du gouvernement fédéral, on trouve une enveloppe dégagée spécifiquement pour l’Horeca. Le ministre de l’Economie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne, a annoncé 66 millions d’euros destinés à financer les primes de fin d’année du personnel de ce secteur. Une somme dérisoire selon Fabian Hermans, président de la Fédération Horeca Bruxelles. "J'espère que le gouvernement s'est planté dans ses calculs sinon on ne va jamais y arriver", entame-t-il.

Selon ce représentant des restaurateurs, les aides apportées par le gouvernement fédéral ne sont que de la "poudre aux yeux pour les citoyens". Fabian Hermans estime que les ministres ne respectent pas leur parole. "Ils avaient promis de ne laisser personne sur le bas-côté. Ils sont pourtant 150 000 salariés abandonnés en bord de route", lance l'homme, désabusé.

Avec 60 millions d'euros déjà dans les caisses, les représentants de l'Horeca réclamaient 120 millions supplémentaires. Car selon eux, près de 187 millions d'euros étaient nécessaires pour octroyer correctement les primes de fin d'année au secteur. "Ce vendredi matin, on apprend que les mesures d'aide pour l'Horeca, c'est 66 millions d'euros pour payer les primes de fin d'année. Très bien, mais on se débrouille comment pour trouver les 60 millions manquants ? On tire à la courte paille pour savoir qui a droit à la prime de fin d'année ou on divise le montant pour que tout le monde en reçoive une petite ? Le gouvernement savait pourtant que nous avions besoin de 120 millions supplémentaires."

Le secteur de l'Horeca dispose donc pour le moment d'environ 120 millions, en tout. "J'espère que c'est une erreur de mathématique et que le gouvernement va revoir la note rapidement, car Noël c'est demain. Et on risque le même problème avec les vacances annuelles qui arrivent en mars 2022", annonce Fabian Hermans qui "cherche la politique sociale annoncée par un ministre socialiste."

"Si ça continue, je dépose ma démission"

En attendant une réaction du gouvernement, le président de la Fédération Horeca Bruxelles se demande ce qu'il va dire aux salariés du secteur. "Le risque aujourd'hui, c'est que les entrepreneurs se retrouvent dans l'obligation de payer les primes de fin d'année. Les entrepreneurs qui n'ont pas les moyens de les payer risquent de se mettre en PRJ [NdlR: procédure de réorganisation judiciaire]. Le Fonds social et de garantie Horeca aura donc l'obligation de payer ces primes. Et vu que nous n'avons pas d'argent, ce sera la banqueroute du fonds. Je suis un des administrateurs de ce fonds et si ça continue comme ça, je dépose ma démission la semaine prochaine", annonce Fabian Hermans.