Paris, Amsterdam, Barcelone, Athènes, une vingtaine de représentants (principalement des maires) des grandes villes européennes se sont réunis ce vendredi pour élaborer des solutions d'aide pour la population ukrainienne. L'initiative était lancée par le maire de Varsovie, Rafał Trzaskowski, et la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo. Bruxelles, de par son statut de capitale européenne, était bien évidemment conviée, Philippe Close a pris part à la réunion en visioconférence.
 

Principale préoccupation des élus : l'acheminement de l'aide humanitaire vers l'Ukraine. "Nous avons beaucoup échangé avec Rafał Trzaskowski (le maire de Varsovie, NDLR) pour savoir comment acheminer de l'aide jusque-là et s'organiser", confie le bourgmestre bruxellois. Même pas 400 kilomètres séparent la capitale polonaise de Lviv, septième plus grande ville d'Ukraine, pas encore assiégée par l'armée russe. La capitale polonaise constituera donc un "hub central européen" pour les aides telles que "des talkies-walkies, des batteries de téléphone" et d'autres outils de communication. "On parle de plus d'un million de réfugiés, on pourrait monter jusqu'à dix millions", avance Philippe Close, qui souligne l'importance pour les familles dispersées parfois aux quatre coins de l'Europe de rester en contact. Le bourgmestre socialiste a également proposé, hier, de commencer à travailler sur "un réseau pour que les Ukrainiens restent connectés entre eux". 

Pas encore question de s'organiser sur la répartition des réfugiés ukrainiens, ni l'endroit - ces compétences ne sont pas propres aux villes. "Pour l'instant, à Bruxelles, c'est gérable, on a ouvert l'ancien hôpital Bordet, en ce moment on est à près de 400 réfugiés, on en attend des milliers." Ce samedi midi, l'ONU recensait près de 1,37 million d'Ukrainiens qui ont quitté le pays, un chiffre qui pourrait monter à quatre millions selon elle.

Les villes en réseau "amenées à se prolonger"

Des réunions entre les maires de grandes villes existaient déjà, en Europe de l'Est, ce réseau s'appelle "Free Cities". "Ce sont des villes qui ont du s'organiser face aux nationalismes qui montent dans leur pays", explique Philippe Close. Quant à l'importance de créer des réseaux entre les métropoles européennes pour faire face plus efficacement aux prochains enjeux migratoires, climatiques ou de paix, le bourgmestre bruxellois se dit favorable, bien qu'il semble que ce réseau soit déjà tacite. "Partout, on essaye de montrer que les villes ont une responsabilité et un rôle particulier. On se connaît bien, on se mobilise vite", confie Philippe Close, et d'ajouter qu'il est probable que ce réseau soit "amené à se prolonger".