"Police fasciste, commune complice". Samedi soir, entre 19h et 20h15, environ 200 personnes, principalement des jeunes femmes entre 20 et 30 ans, ont manifesté à Saint-Gilles.

Le cortège est parti du parvis et a fini sa route devant la maison du bourgmestre Charles Picqué après être passé devant le commissariat et la maison communale. Les manifestants ont protesté contre les violences policières et pointent du doigt la brigade Uneus (Union pour un environnement urbain sécurisé). "Ils sont connus ici pour être une milice raciste", lâche Paola (Ndlr : prénom d'emprunt), l'une des organisatrices. Dans un communiqué distribué lors de la manifestation, les faits reprochés à cette brigade sont énumérés : "dents et bras cassés, gifles, insultes racistes ou homophobes, contrôles d’identité abusifs, arrestations arbitraires, usage disproportionné de la force sur des jeunes déjà menottés, étranglements, perquisitions sauvages, menaces, humiliations de parents"... Les manifestants réclament la dissolution de la brigade Uneus.

L'interpellation musclée de deux jeunes femmes a mis le feu aux poudres. Pour rappel : il y a une semaine deux étudiantes de 20 ans ont été blessées suite à leur arrestation par la police alors qu'elles venaient de se faire insulter par un homme. "Le soir même de l'intervention, la commissaire a signifé aux victimes "qu'avec des tenues comme ça, il ne faut pas s'étonner", relate encore Paola. Dans la presse, les représentants de la zone de police Midi ont indiqué que les filles portaient des tenues légères. La police justifie donc les agressions sexistes".

© CAMERIERE ENNIO

Pour répondre aux propos sexistes de la police, certains hommes dans le cortège portaient de vêtements féminins et certaines manifestantes étaient dénudées. L'aura des Femen, groupe féministe d'origine ukrainienne connu pour délivrer des messages sur leurs seins nus, semblaient planer sur le cortège. Les slogans anti-fascite et anti-police ont été scandés à l'unisson à chaque étape du défilé. Dans les rangs majoritairement jeunes et féminins, Mohammed, 51 ans, détone. "Je suis père de famille et je soutiens ce rassemblement. L'agression envers les jeunes femmes est une agression envers la société. La police est là pour les protéger pas pour autre chose".

Un autre parent crie aussi fort que les jeunes, il s'agit de Geneviève. Sur sa pancarte elle a écrit : "Cela me rassurait qu'il y ait un commissariat près de chez ma fille, maintenant, ça me fait peur". "Je suis furieuse envers la police. Ils ont méprisé la loi. Ils doivent respecter et protéger les gens. Si ma fille se fait agresser dans la rue, je ne sais pas si elle pourra se tourner vers la police, ça me met en colère".

A l'origine du rassemblement, c'est un groupe de dix jeunes femmes de Saint-Gilles, excédées par les agissements de la police communale. Crina a quitté Saint-Gilles mais se souvient de l'époque où elle y habitait :  "J'ai été victime d'harcèlement de rue et j'ai été agressée par un policer. Je me sens concernée à fond par cette manifestation". 

Les manifestants espèrent être entendus. Ils ont lancé à la cantonade. A samedi prochain !