C’est encore une fin d’année compliquée pour les restaurateurs. Même dans le centre de Bruxelles, où le public est toujours au rendez-vous, c’est un petit peu la soupe à la grimace, sur les terrasses. " La situation, actuellement, elle est mauvaise. Avec l’annulation des Plaisirs d’hiver et le parking à 10 euros, les gens doivent se garer de l’autre côté de la ville pour venir", explique Bernard Frisque, gérant du restaurant François, à l’angle du quai des Briques et de la place Sainte-Catherine.

Niveau chiffres, il estime une diminution d’au moins 50 % de la fréquentation pour la nouvelle année. Beaucoup de gens ont décommandé quand ils ont appris qu’il faudrait sortir de table à 23 heures. "C’est logique, vous n’allez pas vous souhaiter la bonne année dans la voiture, sur le trajet du retour."

La fermeture de l’Horeca imposée à 23 heures a été un sacré coup pour le secteur, qui n’aura pas de dérogation pour le passage à l’an neuf.

Au Rugbyman Number Two, à deux pas du restaurant François, même son de cloche. " On est déjà complet pour le réveillon, mais les gens voulaient rester jusqu’à 1 ou 2 heures du matin", confie Paul. " On a dû en refuser et annuler certaines réservations à ce sujet. " C’est sa réputation qui sauve la peau de ce restaurant, explique le gérant. Beaucoup d’autres n’ont pas résisté à la crise sanitaire. " Rien qu’ici, sur le quai des Briques, quatre établissements ont fermé."

Plus loin, sur la place Ste-Catherine, un autre style de restaurant a, lui, préféré ne pas prendre de risque. Barouche, un restaurant de pita "de luxe", fermera ses portes à 15 heures. " C’était déjà prévu depuis longtemps, on savait depuis le début qu’il n’y aurait personne le soir du Nouvel An."

Ici, l’amputation prématurée des Plaisirs d’hiver a apporté plus de peur que de mal et ce nouveau restaurant ne se débrouille pas trop mal.

L’année a donc (encore) été compliquée pour les restaurateurs, y compris dans le centre de Bruxelles.

Bien qu’une fermeture hâtive puisse permettre aux professionnels de l’Horeca de trinquer au moment des douze coups, il n’en sera pas question pour la majorité de ceux-ci. " Je rentrerai à la maison me reposer ", explique Paul, qui travaille déjà le 1er janvier. En espérant pour lui, et les autres restaurateurs, que 2022 vienne remettre du beurre dans les épinards.

S.A.