Le bourgmestre saint-gillois Charles Picqué (PS) met en garde sur les conséquences du manque d’effectifs policiers.

"D’ici cinq à six ans, sans un renforcement des effectifs policiers à Bruxelles, un nombre d’activités culturelles et sportives ne pourront peut-être plus avoir lieu. Les bourgmestres, qui sont chargés de la sécurité sur leur territoire, se verront probablement obligés de faire de plus en plus de choix au niveau de la tenue de certains événements"
, prédit le bourgmestre saint-gillois Charles Picqué (PS). Un événement festif prévu durant ces vacances de Toussaint n’a ainsi pas pu avoir lieu, faute d’effectifs policiers disponibles, explique le socialiste.

En raison du niveau 3 d’alerte terroriste dans la capitale, le nombre de sites à protéger et de patrouilles en rue a augmenté de manière considérable. Mais outre la charge de travail supplémentaire qu’implique le niveau d’alerte terroriste, le plan Canal, s’il est appliqué à la lettre, mettra également à rude épreuve les zones de polices locales. Des visites hebdomadaires de chaque personne susceptible de se rendre dans une zone de conflit et la surveillance d’ASBL et de mosquées leur sont ainsi demandées.

Alors que la population a augmenté de 20 % en dix ans dans une grande partie de la capitale et que les sommets internationaux y sont toujours plus nombreux, la norme KUL, qui fixe les dotations fédérales et le nombre de policiers affectés aux zones de police locales n’a plus été revue depuis 2002, rappelle-t-il.

Pour le président du Parlement bruxellois, il y a deux problèmes : le manque de moyens financiers et la complexité de certaines procédures de recrutement. "Pour moi, un agent en fonction depuis cinq ans, qui reçoit une évaluation positive et suit ensuite une formation de six mois devrait pouvoir devenir inspecteur. Cela n’est pas le cas maintenant. On se prive de bons éléments", déplore le bourgmestre.

D’autres communes comme Forest et Schaerbeek ont déjà annulé récemment la tenue d’un événement, faute d’effectifs policiers en nombre suffisant. Le bourgmestre forestois Marc-Jean Ghyssels (PS) avait ainsi décidé de l’annulation de la 24e brocante de l’Altitude Cent, censée se tenir le 2 octobre dernier. Quant au bourgmestre schaerbeekois Bernard Clerfayt (DéFi), il avait fait de même, durant l’été, pour un événement festif. "L’association n’était pas contente, car elle organise chaque année cet événement, mais je n’avais pas le choix", explique-t-il.