On leur avait promis une visite d’experts, de policiers et de pompiers ce matin, ils n’auront eu que les experts. Les habitants des sept maisons de l’avenue Gounod ont tous pu savoir s’ils allaient passer la nuit dans leurs foyers. Résultat : deux maisons sont inhabitables, les cinq autres peuvent être réinvesties.

Un mélange de pied de grue et de pied de guerre ce mercredi matin, à Anderlecht. Pour rappel, les riverains ont dû quitter les lieux dans la précipitation vendredi soir à la suite de l’apparition d’importantes fissures dans les murs. Si toutes les maisons ont bougé, une majorité reste jugée habitable selon les experts envoyés par la commune d’Anderlecht. " Deux maisons sont encore inhabitables en attendant les travaux de sécurisation. Tant les victimes dont les maisons restent inhabitables que les résidents qui sont autorisés à retourner dans leurs maisons sont toujours assistés par le CPAS et le Service d’aide aux victimes."

" Je suis parti sans rien vendredi soir, explique Ferid, un habitant sinistré, sans le lit de mon bébé qui est malade, sans un jouet pour mon fils de 7 ans. Je n’ai même pas pu aller chercher des sous-vêtements, j’ai dû aller en acheter." Ferid a travaillé trois mois pour rénover son appartement, il avait fini les travaux il y a seulement dix jours.

La Stib aurait des responsabilités

Les riverains sont en procès depuis près de vingt ans contre la société de transports bruxelloise. Celle-ci a racheté les voies de garage dans la rue pour les travaux du métro passant en dessous. Selon les habitants de l’avenue, il y aurait un problème avec une fuite d’eau constante dans le sous-sol, une fuite qui se serait arrêtée vendredi soir, après le passage d’experts dans le tunnel du métro. Mercredi, sur place, personne ne niait qu’il pourrait y avoir un lien de causalité entre le métro et les évènements de ce week-end. Mais rien n’est indiqué dans le communiqué de la commune à ce sujet.

Quoi qu’il en soit, les Anderlechtois ont encore fait preuve d’une belle solidarité : des habitants du quartier et des proches des sinistrés sont venus prêter main-forte à ceux qui n’avaient que quelques heures pour fermer, définitivement peut-être, la porte de leur maison.