En six ans, le nombre d’incidents déclarés par jour a presque été multiplié par six. 

Des sacs poubelles qui envahissent un coin de rue, un éclairage défectueux, une voirie abîmée ou encore des poteaux déchaussés, voici autant de situations qui font partie du quotidien des Bruxellois mais qui mettent parfois du temps à être résolues. Pourtant, depuis 2013, on a le choix de passer devant sans réagir ou de les signaler via Fix My Street (un site internet et une application) qui simplifie nettement les démarches pour faire connaître un incident à l'autorité compétente. Et ça fonctionne. Depuis le lancement de la plateforme, le nombre d'incidents signalés a presque été multiplié par six.

"En simplifiant la façon de signaler un problème sur une voirie, les citoyens nous permettent d'intervenir plus rapidement de façon ponctuelle et nous aident ainsi à améliorer l'état de l'espace public", explique Camille Thiry, porte-parole de Bruxelles Mobilité, l'agence régionale qui a lancé l'application il y a cinq ans, en collaboration avec les communes. La plateforme rassemble aujourd'hui de nombreux acteurs régionaux comme les communes, Sibelga, Proximus, Vivaqua, la Stib, Bruxelles Propreté et Bruxelles Mobilité, notamment.

© Olivier Pirard

Concrètement, chaque citoyen peut signaler une anomalie dans l'espace public sur le site internet ou sur l'application. Il suffit de créer un incident, le décrire, indiquer le lieu précis et y joindre une photo si possible. "Chaque demande est analysée. Il faut alors déterminer la pertinence et la priorité de chacune. En effet, chaque demande n'entraîne pas systématiquement une intervention dans l'immédiat", explique Bruxelles Mobilité.

Les instances compétentes feront une priorité d'un nid-de-poule dangereux sur une voirie importante, tandis que d'autres interventions "de routine" comme le remplacement d'ampoules pour l'éclairage ou le rafraîchissement des marquages auront lieu dans le cadre d'une campagne plus globale. Environ 30% des plaintes introduites en 2017 ont été clôturées en un mois ou moins (5,34% sont réglées en un jour).

© Stéphane Plumerel

La majorité des incidents signalés nécessitent plus d'un mois pour être clôturés pour la simple et bonne raison que de nombreuses interventions telles que l'asphaltage, le marquage ou les plantations nécessitent une planification à moyen terme, un regroupement (grande campagne de marquage routier par exemple) et parfois l'attente de conditions météo correctes. "Parfois la plainte pourra être résolue via un grand projet de réaménagement dans la zone", souligne Bruxelles Mobilité.

Impliquer les citoyens de cette manière dans les signalements (8138 utilisateurs à la fin de l'an passé) permet d'avoir des yeux partout et d'obtenir une information presque en temps réel sur l'état des routes et des trottoirs. "Les signalements des citoyens permettent en fait de renforcer les diagnostics de nos contrôleurs et services techniques", explique Bruxelles Mobilité qui considère cette intervention citoyenne comme une réelle plus-value.

Toujours plus d'incidents signalés

Sans surprise, les incidents les plus signalés en 2017 étaient liés aux déchets ou à la propreté publique. Cette année-là, ils pesaient pour 41,58% des problèmes constatés. Depuis la création de l'application, plus de 131.000 incidents ont été signalés par des citoyens ou des professionnels. En 2017, on en comptait 26.286 soit environ 72 par jour contre une vingtaine par jour lors de l'année de lancement de Fix My Street. À la fin de l'année, 90.610 incidents avaient été enregistrés depuis le début de l'application. Nous en sommes à l'heure actuelle à 131.796. Soit 41.186 depuis la fin de l'année passée.

À l'époque, c'étaient les problèmes liés au revêtement de la route qui étaient le plus souvent signalés (65,09% en 2013 contre 23,13 en 2017). L'année passée ils arrivaient en deuxième position, juste avant les signalements liés au mobilier urbain.

© Stéphanie Lecocq

Bruxelles-Ville arrive en première position du nombre de signalements effectués sur ces trente derniers jours avec 915 incidents sur son territoire (en incluant Laeken, Haren et Neder-over-Heembeek). Suivent Ixelles (225) et Etterbeek (223). À l'inverse, c'est la commune de Koekelberg qui est la moins active au niveau des signalements avec 12 incidents répertoriés. Arrivent ensuite Saint-Josse (29) et Evere (30), toujours sur ce dernier mois.