Bruxelles Les riverains craignent que les 34 jeunes ne perturbent leur tranquillité.

Ce lundi soir, sur les bancs d’une école forestoise, s’est tenue une séance d’information animée concernant le projet de création d’une Institution de Protection de la Jeunesse (IPPJ) à Forest. Pour rappel, le ministre de l’Aide à la Jeunesse de la fédération Wallonie-Bruxelles Rachid Madrane (PS) souhaite installer la première IPPJ bruxelloise à l’intersection de la chaussée de Bruxelles et de l’avenue Van Volxem. Ce bâtiment flambant neuf accueillerait 34 jeunes en parcours de réinsertion. Un projet qui, depuis son annonce, suscite l’inquiétude des riverains forestois.

Lors de la présentation de ce lundi, le bourgmestre de Forest Stéphane Roberti (Écolo) et les représentants du service de l’Aide à la Jeunesse de la FWB ont fait face à une cinquantaine d’habitants et politiciens de la commune pour le moins remontés. L’objet des revendications ? Le manque d’informations avant le lancement de l’enquête publique qui s’est terminée ce mardi. Plusieurs partis de l’opposition avaient d’ailleurs interpellé le collège, surpris que l’enquête publique soit lancée sans concertation avec les riverains et surtout pendant les vacances de Noël. Suite à cela, Stéphane Roberti a prolongé la période de réclamations et d’observations jusqu’à ce vendredi 11 janvier.

"Je comprends l’inquiétude des riverains. Le but de cette séance d’informations est vraiment de les rassurer, de leur montrer qu’il n’y a rien à craindre d’un tel projet", explique le bourgmestre pendant que les habitants s’installent sur les chaises de l’école du Vignoble, prêts à bombarder le comité de questions. Au-delà du manque d’informations, les riverains présents dans la salle pointaient deux autres inquiétudes majeures : la sécurité et le respect de l’urbanisme dans le quartier. En effet, le service d’Aide à la Jeunesse prévoit l’ouverture d’une IPPJ ouverte, ce qui signifie que les jeunes sortiront du bâtiment chaque jour pour se rendre à l’école.

Ce système inquiète fortement les parents du quartier. "Comment être sûre que je pourrai laisser ma fille promener le chien dans le quartier aux heures de sortie d’école ?" a déploré une maman.

Mais les représentants du service d’Aide à la Jeunesse sont formels : une IPPJ ne représente pas plus de risques que tout autre projet. "J’ai travaillé vingt ans dans d’autres IPPJ et il n’y a jamais eu de plainte de riverains. Les IPPJ ouvertes sont réservées à des jeunes qui sont en fin de parcours de réinsertion. Et on les surveille de très près", assure un membre du comité de présentation.

Pour l’aspect urbanistique, "la commune a beaucoup d’exigences", assure Stéphane Roberti. "Ce dossier sera traité comme n’importe quel dossier. En outre, si le permis d’urbanisme est octroyé, on mettra tout en œuvre pour en faire un projet qui soit intégré dans le quartier", conclut le bourgmestre avant de préciser : "J’espère avoir rassuré les plus inquiets présents ce soir."


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