Bruxelles La tête de liste MR dévoile sa vision pour les Bruxellois.

Françoise Bertieaux, Armand De Decker et son épouse Jacqueline Rousseau, Corinne De Permentier, Willem Draps, Alain Courtois, Marion Lemesre, etc. Jamais le MR bruxellois n’avait vécu un départ en retraite aussi massif. La fin d’une génération qui a connu la gloire sous les ères De Decker, De Donnéa et Simonet puis le purgatoire depuis… 2004 déjà ! Aujourd’hui, l’ambition du MR est bien évidemment de retrouver sa place au soleil. Pour y parvenir, la tête de liste Françoise Schepmans compte sur cette nouvelle génération, quasi sacrifiée par "ces anciens qui n’ont pas voulu laisser la place aux jeunes", commente un membre espérant une bonne place sur la liste. "C’est en effet un moment essentiel pour le MR", reconnaît Françoise Schepmans devant un café trop noir et un crumble cerise/crème fraîche. "C’est à cette nouvelle génération de prendre la main. Comme cheffe de file, je ne dirais jamais que je suis la patronne et que les jeunes doivent se débrouiller tout seul avec leur collaborateur du parlement. Je ne leur dirai jamais : débrouillez-vous."

Le MR est-il à un moment clé de son histoire ? "Il doit en tout cas changer de cap. Tant sur les équipes que sur le discours et, même, sur la ligne politique" , concède la Molenbeekoise, qui regrette le manque d’agressivité de certains libéraux au parlement bruxellois au regard de celle affichée par l’opposition - PS en tête - au fédéral. "Notre erreur fut peut-être de ne pas avoir suffisamment montré que les socialistes ont fait du surplace pendant six ans. Ce gouvernement bruxellois, c’est un peu l’Arlésienne. On entend beaucoup de choses mais on n’a rien vu venir. Meilleur exemple : si l’on avait poursuivi l’extension du métro, on ne parlerait même plus de ce dossier aujourd’hui."

Voici pour le discours. Sur les équipes, le MR regorge de candidats à une place en ordre utile mais manque clairement de personnalités issues de l’immigration. "C’est l’un de nos défis : instaurer une relation de confiance avec les communautés et casser le discours historique du PS, stigmatisant le MR par rapport aux populations d’origine étrangère, ce bien avant le gouvernement MR/N-VA."

Sur le cap, enfin. Françoise Schepmans revendique sa fibre sociale et mise avant tout sur "l’éducation, la formation et l’emploi" pour les 23 % de Bruxellois qui ont moins de 25 ans. Le tout teinté d’une forte touche de vert, marches pour le climat et sondages obligent ? "Tout est lié. Tout le monde a intégré l’urgence environnementale. Ce n’est plus une prérogative d’Ecolo. Ce n’est pas parce qu’on est membre du parti Ecolo qu’on a forcément la meilleure recette pour relever les enjeux climatiques."

Selon elle, l’urgence climatique mais aussi l’urgence sociale ne peuvent être résolues que par un projet commun fédérateur. "Aujourd’hui, nous sommes dans une période d’urgence climatique certes mais aussi sociale. La Région bruxelloise est dans une situation très compliquée. La pauvreté augmente sans cesse. Il est important de fédérer les Bruxellois, les quartiers vers un projet fédérateur. Or, cela n’est possible que si tous les partis démocratiques se retrouvent autour d’un projet commun. Ceci implique que nous devons dépasser les clivages ancestraux, les critiques ad hominem, les querelles de personnes…"

À ce titre, le MR bruxellois assure n’avoir aucune exclusive à l’exception de l’extrême gauche et de l’extrême droite, "parce que Bruxelles ne mérite que l’on s’attarde sur des positionnements de personnes, des attitudes figées. On doit aller au-delà." Même la N-VA, bien cotée lors du dernier sondage ? "Je ne suis absolument pas d’accord avec la N-VA sur son projet pour Bruxelles mais, pour moi, ce n’est pas un parti d’extrême droite."