Le ministre de l’Emploi, Didier Gosuin (Défi), va offrir un CDD à tous les jeunes de moins de 25 ans au chômage depuis 18 mois.

Vous avez moins de 25 ans, vous êtes au chômage depuis 18 mois et malgré tous vos efforts, tous vos stages, toutes vos formations, vous ne trouvez pas d’emploi ? Vous ne savez plus que faire, d’autant plus qu’Actiris est déjà satisfait de votre implication dans votre recherche d’un travail ? Le ministre bruxellois de l’Emploi, Didier Gosuin (Défi), vous offre, dès cette année, un CDD d’un an afin de vous aider à vous insérer sur le marché du travail !

Non, il ne s’agit pas d’une mauvaise blague : cette mesure appelée Contrat d’insertion sera bel et bien d’application dans les prochaines semaines. Il s’agit d’une des mesures phares de la déclaration de politique générale de l’actuel gouvernement, qui a fait de la lutte contre le chômage des jeunes une de ses priorités.

Ce contrat d’insertion doit venir compléter le très large choix de formations et de stages destinés aux jeunes Bruxellois qui est prévu dans le cadre de la Garantie Jeune. Si les moins de 25 ans ne représentent que 11 % des 100.000 chômeurs bruxellois - soit quelque 11.000 personnes -, l’objectif est d’éviter à tout prix à ceux-ci d’être englués dans le chômage longue durée. Sont donc visés par la mesure : les jeunes ayant déjà galéré pendant 18 mois. Précisons que ces CDD ne sont pas renouvelables.

"Parmi les 100.000 chômeurs, il y a un vrai bloc de personnes qui auront énormément de difficultés à trouver un emploi car étant au chômage depuis très longtemps. Là-dedans, il y a aussi bien sûr des personnes difficilement employables car souffrant par exemple de handicap. L’objectif est en tout cas d’éviter de faire gonfler ce groupe", explique Didier Gosuin. "D’ici peu, je proposerai des mesures pour le chômage longue durée, mais ici, il s’agit de ne pas faire s’aggraver celui-ci. Il faut donc faire en sorte que les jeunes puissent avoir une première vraie expérience de travail", ajoute-t-il.

De manière surprenante, seuls 480 jeunes répondraient à l’heure actuelle aux critères du contrat d’insertion. Notons qu’un nombre indéterminé de jeunes sans emploi ne sont plus inscrits chez Actiris depuis les mesures fédérales d’exclusion du chômage. Le chiffre va néanmoins augmenter chaque mois de manière mécanique, le seuil de 18 mois de chômage pouvant être atteint à n’importe quel moment de l’année. La Région a en tout cas prévu un budget pour financer 1.000 emplois par an.

Dans un 1er temps , ce sont les administrations publiques - communales et régionales -, et les ASBL qui pourront bénéficier de ces emplois subsidiés. Pour chaque poste, la Région va octroyer un montant annuel de 27.000 € pour les organismes publics et les ASBL et un autre 24.000 € pour les communes. À ces primes, s’ajoutent des réductions de sécurité sociale. Au final, ces employés d’un genre nouveau devraient recevoir une rémunération s’élevant à 2.200 € brut.


Les communes sont enthousiastes

"C’est une très bonne idée ! C’est une opportunité géniale de montrer que les communes ont aussi vocation à aider les jeunes à s’insérer sur le marché de l’Emploi. À titre personnel, je suis papa de trois enfants, et je vois bien que le monde du travail n’est pas facile pour les jeunes", s’enthousiasme le bourgmestre jettois, Hervé Doyen (CDH), à l’annonce du Contrat d’insertion. Même son de cloche très positif du côté de Woluwe-Saint-Pierre. "J’en ai justement parlé en collège aujourd’hui, c’est une très bonne mesure. On va contacter les jeunes de la commune pour voir qui entre dans les critères et est intéressé", s’exclame le bourgmestre, Benoît Cerexhe (CDH). "On est évidemment très intéressé et il y a probablement des Molenbeekois qui sont concernés par le projet. On serait enchanté de leur offrir une 1re expérience de travail", explique Mustafa Er, le porte-parole de la bourgmestre molenbeekoise, Françoise Schepmans (MR). Du côté de Saint-Gilles, on se montre aussi intéressé, mais on met en garde : il s’agira d’avoir les moyens d’encadrer ces jeunes et d’être à l’écoute de ceux-ci pour que la mesure porte ses fruits. "Le tout, c’est de les encadrer, leur donner la possibilité d’exprimer leur personnalité, et de voir quel type d’expérience ils peuvent avoir", souligne le bourgmestre, Charles Picqué (PS).