La DH a suivi Jean-Maurice Ooghe, le réalisateur du Tour de France qui décide des plans qui sont diffusés dans les 190 pays.

De l’extérieur, le car de réalisation de France Télévision installé derrière la ligne d'arrivée ne paie pas de mine. Mais une fois à l’intérieur, l’on se retrouve au milieu d’une véritable fourmilière. C’est là qu’une vingtaine de techniciens s’affairent devant une quarantaine d’écrans. Derrière eux, et installé en hauteur, Jean-Maurice Ooghe coordonne l’équipe et décide des plans qui sont diffusés en direct et retransmis dans les 190 pays.

La journée commence par une annonce fracassante. “Les amis, je prends part à mon dernier Tour de France. Une fois le peloton arrivé à Paris sur les Champs Elysées, ce sera terminé pour moi”, explique à son équipe celui qui dirige la réalisation du Tour de France depuis 1997.

La der' de "Jean-Mo"
La der' de "Jean-Mo" © Demoulin

Le métier est éreintant. Il requiert une préparation d’orfèvre en marge de la Grande Boucle. Ainsi, “Jean-Mo” a repéré les 21 étapes du Tour de France pour identifier les lieux insolites, espaces naturels, patrimoines remarquables, lacs et rivières situés dans un rayon d’environ 20 km par rapport au parcours et qui seront filmés par les hélicoptères en direct durant l’étape. Depuis son petit car de réalisation, tel un chef d’orchestre, il donne les instructions aux caméramen à moto qui sont au cœur de la course, ainsi qu’aux deux hélicoptères équipés de caméras grand angle. Durant toute l’étape, il jongle entre les différentes prises de vue, n’hésite pas à hausser le ton si la colorimétrie est défaillante ou si des plans sont mal réalisés. Le tout sans faire aucune pause, et avec l’aide de son précieux road book qui recense tous les lieux à filmer.

Une véritable fourmillère
Une véritable fourmillère © Demoulin

“J’aime dire que je suis à la tête d’un tapis volant et que j’emmène les spectateurs se promener au-dessus des régions traversées”, explique cet amateur de vieilles pierres et de sport. "Notre challenge, c’est de réussir à faire tout un travail pour amener le spectateur qui ne s’intéresse qu’au cyclisme à lui apprendre des choses historiques, et à l’inverse, faire en sorte que le spectateur qui ne s’intéresse qu’à l’histoire s’intéresse à l’aspect sportif.”

Sa principale angoisse : le mauvais temps. “S’il y a du brouillard ou une pluie abondante, c’est la catastrophe car les hélicoptères ne peuvent dès lors pas décoller et tout le travail fait en amont tombe à l’eau, sans mauvais jeu de mot”, explique-t-il. “Nous avons repéré de superbes endroits à Bruxelles et en Belgique. Vous n’avez rien à envier à la France ! Heureusement, les conditions météo sont excellentes donc cela augure d’un très bon Tour de France, mon tout dernier.”

Une véritable fourmillère
Une véritable fourmillère © Demoulin