Les relations entre les ouvriers du garage central de Bruxelles Propreté et la direction de cet organisme public de la Région bruxelloise ne sont pas très chaleureuses en ce moment. La majorité des ouvriers sont en grève depuis mardi, selon une information de bx1 . "70% du personnel est gréviste", avance David Leirsberghe, président de la délégation Bruxelles-Propreté du syndicat CGSP (Centrale générale du service public). En cause, une note de service qui date du mois de décembre et interdit aux ouvriers du garage de se faire livrer sur leur lieu de travail un repas chaud. "Les commandes de nourritures chaudes (frites, hamburgers, pizzas…) via un service de livraison sont interdites. […] Par contre, une commande groupée chez un fournisseur unique de sandwiches, salades ou autres plats froids est autorisée ", peut-on lire sur la note de service.

Pour la direction, cette mesure est mise en place pour protéger le personnel. "Nous essayons de maintenir le maximum possible la distanciation sociale dans nos services. Dans les services administratifs, 100% des employés sont en télé travail. La livraison de repas chauds apportait de la désorganisation dans les pauses repas. Les gens se retrouvaient ensemble dans la cantine. Les livreurs sont aussi des sources de risque", explique le porte-parole de Bruxelles propreté Étienne Cornesse.

Le 5 février dernier, quatre ouvriers sont surpris en train de manger une frite sur leur temps de midi. Ils ont écopé d'un bulletin de signalement. "Nous contestons ce signalement et nous attendons la suite de la procédure pour réagir", indiquait alors Michel Piersoul, porte-parole du syndicat libre de la Fonction publique (SLFP). Et ce qu'il craignait est arrivé : le bulletin de signalement s'est transformé en avertissement, une sanction beaucoup plus lourde qui a fait réagir le personnel. Un préavis de grève a été déposé et le personnel est en grève depuis mardi. "Il faut savoir qu'au bout de trois avertissements, c'est le licenciement, explique David Leirsberghe. Tout ça pour une frite, c'est disproportionné". Le délégué syndical indique que depuis le préavis de grève et le début du mouvement, les syndicats n'ont reçu aucun communiqué ou appel de la direction. "Nous avons appris que la direction faisait appel au privé pour remplacer les grévistes qui entretiennent les camions. Nous invitons tous les ouvriers à reprendre le travail car nous avons peur que la direction prenne des mesures plus drastiques et dramatiques pour certains collègues. 85% des agents du garage sont contractuels. Il ne faudrait pas qu'ils perdent leur emploi pour une frite". Les syndicats réfléchissent à d'autres moyens d'actions.

Du côté de la direction, on préfère attendre de voir comment la situation évolue. "Cette grève qui concerne une trentaine de personnes a un impact limité, précise le porte-parole. Il n'y a, pour l'instant, aucune conséquence sur le service à la population". Il reconnaît également que des camions sont pris en charge chez les concessionnaires. "Ce n'est pas inhabituel. Il sont mieux équipés que le garage mais il est vrai que vu les circonstances, il y a un peu plus de camions envoyés à l'extérieur ces deux jours".