Bruxelles

Environ 200 personnes se sont mobilisées devant le cabinet du ministre président Rudi Vervoort (PS).

Près d'une centaine de piquets de grève ont été dénombrés dans la capitale mercredi par la CSC, a indiqué Nel Van Slijpe, porte-parole du syndicat. Sans avoir de décompte exact pour sa part, Estelle Ceulemans, secrétaire générale de la FGTB de Bruxelles, ajoute que la grève est particulièrement bien suivie dans les différents secteurs. Environ 140 personnes ont été comptées au piquet devant Audi à Forest, une centaine à Proximus à Schaerbeek et une cinquantaine à l'atelier SNCB de Forest. Le zoning de Drogenbos est à l'arrêt avec des piquets devant les entreprises Mercedes, Peugeot, Carrefour et Club, précise encore Nel Van Slijpe. Sur le chantier de BNP Paribas Fortis, rue Montagne du Parc à Bruxelles, une trentaine de travailleurs tiennent un piquet depuis 5h30. "L'entreprise de construction qui travaille sur le chantier met beaucoup de travailleurs en chômage technique, mais utilise en même temps les services de sous-traitants", dénonce l'un d'eux.

A 11h, environ 200 personnes se sont mobilisées devant le Cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort pour les travailleurs des administrations communales, des CPAS et des hôpitaux publics du réseau Iris. "On demande une augmentation du salaire au moins égale aux salaires en cours dans les administrations régionales", explique Muriel Di Martinelli, secrétaire fédérale CGSP ALR Bruxelles. "Ce sont des différences qui peuvent aller de 10 à 25%. On veut aussi une réduction collective du temps de travail". Une délégation devait être reçue à midi.

"On est dans une ville qui est très calme et très au ralenti", souligne Estelle Ceulemans, secrétaire générale de la FGTB de Bruxelles. "Sur ces 26 dernières années, c'est la cinquième grève générale organisée en front commun syndical au niveau interprofessionnel, tous secteurs confondus. La dernière date de décembre 2014, à la mise en place du gouvernement. La précédente, c'était 2012 contre le blocage des salaires. Avant, c'était 2005, sur le pacte de solidarité entre les générations et avant c'était en 1993 avec le pacte global", se souvient la responsable syndicale. "Les revendications sont fortes pour le moment. Beaucoup de choses vivent sur les questions de pouvoir d'achat. Le phénomène des Gilets jaunes en est un exemple criant. Les entreprises renouent avec une certaine croissance et la question de la répartition des richesses, plutôt mise de côté, revient au centre des préoccupations. Le gouvernement fédéral a modifié la loi de 96, qui pose le cadre pour l'évolution des salaires, et de l'autre côté a fait des cadeaux aux entreprises, notamment le saut d'index qui représente un cadeau de 2,5 milliards".