Bruxelles

Les parents du jeune garçon ont été convoqués par la police la semaine dernière pour faire le point sur l'enquête.

Mise à l'écart, insultes, coups très violents : c'est le quotidien qu'affirme avoir vécu pendant quatre ans un jeune Bruxellois scolarisé à l'Aurore, école primaire de Jette. Selon la maman de l'enfant, la direction de l'établissement et certains membres du corps enseignant n'ont pas réagi correctement à cette situation. "Malheureusement, la directrice a minoré les faits. Je me suis donc adressée par courriers au bourgmestre, Hervé Doyen (cdH) ainsi qu’à l’échevin de l’Enseignement, Olivier Corhay (MR), mais en vain !" N'hésitant pas à faire entendre sa voix dans la presse, Mariem Bouhoute s'était attiré les foudres du collège communal. Ce dernier jugeait ses propos mensongers, calomnieux et diffamatoires.

Cette médiatisation aurait néanmoins permis à l'enquête de repartir, estime Mariem Bouhoute. "Je pense que c'est en partie grâce à cela que la police nous a convoqués, mon ex-mari et moi, mardi dernier pour faire le point sur l'enquête." L'inspectrice en charge du dossier a ainsi annoncé avoir reçu les parents de certains enfants incriminés afin de collecter le plus d'informations possibles. "Il semblerait qu'elle ait mis en place un programme de sensibilisation sur le harcèlement avec plusieurs partenaires. Elle compte faire le tour de certaines écoles avec ces partenaires et mettre en oeuvre ce programme. Je suis, personnellement, satisfait de l'écoute et de la réactivité dont a fait preuve l'inspectrice", indique l'avocat de Mariem Bouhoute, Me Ruben Castro Rodriguez.

Mais la maman du jeune garçon n'a pas attendu cette convocation pour faire bouger les choses : elle a écrit à la reine Mathilde pour lui expliquer la situation de son fils et lui demander de l'aide. "Dans sa réponse, sa collaboratrice m'explique qu'elle a transmis ma requête au délégué général aux droits de l'enfant et à la ministre de l'Education, Marie-Martine Schyns (cdH)." Le premier leur a fait savoir, à elle et son avocat, qu'il ne pouvait plus intervenir, l'enfant n'étant plus scolarisé à l'école Aurore. Le chef de cabinet de la seconde leur a annoncé qu'une inspection au sein de l'école avait été lancée.

Avec son avocat, elle envisage ainsi de former deux plaintes au niveau pénal. La première, pour négligence fautive dirigée contre l'équipe pédagogique de l'école Aurore. "Il ressort des pièces en notre possession que l'école n'a pas réagi lorsqu'elle a été informée des faits de harcèlement et, plus grave encore, qu'elle a tout fait pour minimiser la gravité de ces faits", indique Me Ruben Castro Rodriguez. La seconde, pour injure, diffamation et calomnie contre les autorités communales. "De tels propos dans la bouche d'élus locaux n'est pas acceptable. Ils ont affiché beaucoup de mépris à l'égard de Mme Bouhoute et de son fils."