Injures, regards et gestes obscènes, agressions ou tentatives d'agressions sexuelles : la poursuite des violences liées au genre est encadrée par la loi. Mais ce cadre légal pose problème dans son application. "Souvent, les victimes hésitent à déposer plainte. C’est particulièrement le cas lorsque les faits de harcèlement ne se traduisent pas par des violences physiques", reconnait le commissaire divisionnaire, Frédéric Dauphin, chef de corps de la police locale Bruxelles Nord.

Forte de ces constats, celle-ci a adapté un modèle d’opération mise en place par la zone de police de Liège, bonne pratique partagée entre polices locales grâce au Réseau Intersection. Une première opération a été mise en œuvre ce mercredi dans le quartier de la gare du Nord. Ses objectifs : lutter contre le chiffre noir des faits, sensibiliser les victimes sur leur droit à porter plainte pour ces faits et de leur donner des conseils afin d’améliorer leur sentiment de sécurité dans l’espace public, lutter contre le sentiment d’impunité des auteurs et de leur rappeler la loi et de les sensibiliser à l’importance du consentement.

Concrètement, trois policiers en civil (une policière et deux policiers) patrouillent dans un quartier identifié par les services de police. Si la policière ou une autre personne est victime de harcèlement de rue, les policiers interviendront en flagrant délit et entameront la procédure judiciaire prévue par la loi. L’idée est de prendre les auteurs en flagrant délit.

La policière s’est assurée de ne pas répondre aux sollicitations de potentiels suspects. Lorsqu’un commentaire ou une remarque déplacé lui était adressé, elle continuait son chemin, laissant à l’équipe d’appui le soin d’interpeller l’auteur. L’équipe a patrouillé dans notamment la rue de Brabant, la place Liedts, la rue Allard, la rue d’Aarschot, le Parc Botanique, la Place Rogier, la Place du Nord et le Parc Gaucheret.

Aucun comportement, rencontrant les éléments constitutifs d’une infraction et nécessitant la rédaction de procès-verbaux, n’a été constaté. Cependant, les intervenants ont sensibilisé plusieurs fois certains auteurs de remarques.

Plusieurs pistes d’améliorations ont d’ores et déjà été identifiées par les policiers pour les prochaines éditions. De plus, lors des prochaines opérations, le dispositif sera aussi orienté afin de sensibiliser les victimes de tels actes afin notamment de leur exposer les possibilités de plainte et les rassurer grâce à la présence policière dans l’espace public.

"Le harcèlement de rue est un phénomène que nous ne voulons plus tolérer. Toute personne – et en particulier les femmes – doit pouvoir évoluer sereinement et en toute sécurité dans l’espace public. C’est pourquoi nous avons mis sur pied ce type d’opération et que nous continuerons à les organiser dans différents quartiers de notre zone de police", conclut Frédéric Dauphin.