La zone de police Bruxelles Nord (Schaerbeek, Evere et Saint-Josse-ten-Noode) accorde une grande importance à la prise en charge des victimes des violences liées au genre. Il existe un cadre légal permettant la constatation et les poursuites de ce type spécifique de violence. Toutefois, il pose problème dans son application.

"Souvent, les victimes hésitent à déposer plainte. Et, d’autre part, les policiers ont des difficultés à correctement identifier le fait et, ainsi, à pouvoir répondre au mieux aux attentes des victimes. C’est particulièrement le cas lorsque les faits de harcèlement ne se traduisent pas par des violences physiques", reconnait le commissaire divisionnaire, Frédéric Dauphin, chef de corps de la police locale Bruxelles Nord.

Forte de ces constats, la zone de police va proposer, en partenariat avec l’association Touche Pas À Ma Pote, une formation à ses policiers. Celle-ci provoquera le débat et favorisera les échanges entre les apprenants. Elle mettra les policiers en situation et traduira l’application des normes dans un travail policier simple et de qualité. "Une telle formation nous apparait comme une meilleure base pour développer une approche durable du harcèlement de rue par nos policiers", poursuit Frédéric Dauphin.

La formation consistera en des séances de sensibilisation au harcèlement de rue et aux insultes sexistes en tant que délit mais aussi en tant qu’obstacle au vivre ensemble. Elle se décline en quatre modules qui ont été réfléchis dans une dynamique précise qui part de la prise de conscience du phénomène à la capacité concrète à accueillir une victime de la façon la plus adéquate qui soit et à rédiger le PV. En effet, il arrive que les policiers n’identifient pas les éléments constitutifs d’un fait de harcèlement sexiste et ne rédigent pas un PV pour ce type de fait. 

Avec un budget de près de 36 000 € validé par le Collège de police réunissant les bourgmestres de Schaerbeek Cécile Jodogne, d’Evere Ridouane Chahid (PS) et de Saint-Josse, Emir Kir, la zone de police pourra commencer les premières sessions de formation dès cet automne. Le premier groupe cible sera composé d’officiers et d’inspecteurs principaux en charge de la direction et de l’encadrement des brigades d’intervention/garde. Dans une deuxième phase, ce seront justement ces dernières, les brigades des policiers en première ligne, qui seront également formés.

Enfin, partenaires de la police dans la prise en charge des victimes, les sessions de formations seront également ouvertes aux magistrats du parquet.