Trois riverains ont a nouveau tenté d'attraper l'animal ce week-end mais celui-ci ne s'est pas laissé avoir. Récit.

Voilà un mois que des Jettois se mobilisent pour venir en aide à un héron blessé. Touché à la jambe par une fléchette de sarbacane, l'animal ne se laisse pourtant pas faire, refusant d'approcher de trop près les riverains de la commune. Depuis plusieurs semaines, pompiers, bénévoles et professionnels tentent d'attraper le héron, sans succès. Philippe Piret, photographe animalier, contacte alors des associations françaises, habituées à s'occuper de ce genre d'animaux. Sur les conseils de l'une d'elles, il achète un filet de Bretagne.

Celui-ci lui parvient grâce à un camionneur français qui l'a transporté jusqu'au commissariat de la commune, seul endroit qu'il connaissait à Jette. Philippe Piret le réceptionne mardi soir et commence à préparer sa prochaine tentative. Jeudi, il introduit une demande auprès de la commune pour interdire l'accès au petit étang, le temps de pouvoir installer son piège en toute sécurité. Dès le lendemain, les autorités communales installent ainsi des panneaux d'interdiction floqués de l'explication "Opération de sauvetage du héron en cours".

Samedi dernier, toutes les conditions étaient ainsi réunies pour piéger le héron. "Nous avons mis de côté des morceaux de poisson pour l'attirer, nous espérons qu'avec ce filet, nous arriverons enfin à l'attraper !" A 7h du matin, Philippe Piret retrouve son ami Felicien Thiry, très investi lui aussi dans le sauvetage du héron. Les deux hommes sortent le filet rectangulaire. Plus lourd et plus petit que ce à quoi ils s'attendaient, celui-ci ne correspond pas tout à fait à leurs attentes.

Héron blessé à Jette : Héron 1 – Filet breton 0
Le héron est touché à la jambe par une fléchette de sarbacane. © Felicien Thiry

"Il faut qu'on l'étende sur la berge. Ensuite, on pose de la nourriture au bord de l'eau et dès que le héron approche, on rabat le filet !" Passant au-delà des barrières de sécurité installées par la commune, Philippe et Felicien joignent le geste à la parole. "Est-ce qu'on n'est pas trop loin là ? Il faudrait peut-être se rapprocher de l'étang." Pendant qu'ils s'activent, le héron les observe du haut de son perchoir, quelques mètres plus loin.

"Il est malin, il se rend bien compte que quelque chose se trame", lance Felicien. "Les panneaux de sécurité le perturbent, je crois qu'on devrait les enlever." Une fois les barrières couchées par terre, l'étang reprend son allure habituelle, petit havre de paix au coeur de la ville. Mais le héron reste sur ses gardes et ne s'approche de l'eau que pour chasser d'autres hérons, qu'il considère comme des intrus. "Force est de constater que notre ami est fort occupé à défendre son territoire actuellement convoité par deux de ses congénères." Quand il n'est pas caché dans les hautes herbes, l'animal reste donc souvent haut perché dans les arbres, pour surplomber et scruter sa plage.

Les deux Jettois changent alors de tactique, plaçant le filet à moitié dans l'eau pour le dissimuler au maximum. Ils remettent du poisson et s'éloignent ensuite de l'étang, espérant ainsi voir le héron se rapprocher. Trois heures plus tard, l'animal campe toujours sur ses positions : il ne se laissera pas attraper aujourd'hui. Un peu déçus, les deux comparses ne baissent pas les bras."A ce jour encore, nous continuons à recevoir de nombreux et précieux témoignages de ses amis des jardins de Jette, ce qui nous réconforte et nous aide à ne pas laisser tomber. Nous avons tout deux des engagements professionnels mais nous tenons la priorité à sauver notre ami !"