"Vivre en rue impacte directement la santé et il manque toujours au moins 800 places d'hébergement à Bruxelles", signale mardi Médecins du Monde, qui plaide pour un droit à la santé pour tous. Confrontés à des températures progressivement en baisse, les personnes sans-abri souffrent d'un accès difficile à la nourriture, aux centres de jour et aux soins de la santé. Alors que le couvre-feu est prolongé jusqu'au 13 décembre à Bruxelles et que les températures commencent à fortement diminuer, Médecins du Monde s'inquiète de la dégradation de la santé des personnes sans-abri, dans le contexte de crise sanitaire provoquée par le coronavirus.

Le Covid-19 a aggravé la situation et la santé des personnes sans-abri qui doivent batailler pour trouver des places dans les centres d'hébergement saturés et n'ont plus accès à la nourriture qu'ils et elles pouvaient se procurer par exemple dans les surplus de l'horeca, ni aux centres de jour, dont la plupart ont fermé leurs portes.

"Dans le contexte actuel de crise sanitaire, il faudrait garder les structures d'hébergement ouvertes 24H/24 et 7 jours/7 pour permettre un accompagnement médical mais aussi psycho-social efficace et augmenter la capacité d'accueil d'au moins 800 places supplémentaires", souligne Michel Genet, directeur général de Médecins du Monde Belgique. "Car il est essentiel de pouvoir accueillir toutes les personnes sans-abri pour diminuer le risque de propagation du virus, détecter précocement toute contamination et pouvoir prendre les mesures nécessaires en termes de prise en charge, isolement et suivi de contacts."

Selon l'association Bruss'help, la capacité actuelle d'hébergement de la capitale belge est de 2.901 places. Le dernier recensement estimait toutefois que plus de 4.000 personnes étaient sans-abri ou mal logées à Bruxelles.

Puisque que le sans-abrisme a un impact physique et psychologique fort sur ceux qui en souffrent, le manque de places d'hébergement impacte directement la santé de ces personnes. Précarisées, elles éprouvent des difficultés à se soigner.

"Tous et toutes ont droit à la santé: qu'ils ou elles soient des personnes migrantes ou sans-abri, travailleurs ou travailleuses du sexe, ou encore usagères ou usagers de drogues", conclut M. Genet.